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Complémentaire santé : les raisons de la hausse des tarifs

Les transferts de charges et l’augmentation des dépenses de santé devraient entraîner une hausse de "3% en moyenne" du tarif des complémentaires en 2008, indiquent Les Echos (page 37). Il s’agit de la hausse prévisionnelle pour les contrats individuels. Pour les contrats collectifs, celle-ci serait de l’ordre de 4%. Ces évolutions ont été confirmées ce matin par le directeur général de la Mutualité française au micro de RMC. Daniel Lenoir a fait remarquer qu’il s’agissait d’une hausse "plus modérée que les années précédentes".

Les organismes complémentaires vont devoir répercuter dans leurs tarifs "les nouvelles dérives" constatées sur certains postes, "comme l’optique ou le dentaire, l’application du forfait de 18 euros sur les actes techniques, la revalorisation de certains actes infirmiers", poursuivent Les Echos. "Après une accalmie en 2006, les dépenses de santé ont repris leur inexorable progression cette année", détaille ce quotidien. Ainsi, selon les dernières statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), les dépenses de ville ont augmenté de 4,8% fin octobre et celles du médicament de 4,3%. "Les mutuelles ne font que répercuter ces hausses dans leurs cotisations", a justifié Daniel Lenoir.

Le journaliste Guillaume Maujean souligne que les complémentaires ont "de plus en plus l’impression de servir de variable d’ajustement, sans réelle concertation avec l’assurance maladie".

Cette hausse inévitable du tarif des complémentaires pénalise en premier lieu les ménages. "Si on regarde le reste à charge par famille et qu’on le rapporte aux revenus, on constate de grandes disparités. Si ce reste à charge devait croître davantage, il se traduirait par une contrainte économique trop forte pour bon nombre de familles", explique Patrick Sagon, président de la Mutuelle générale (MG).

Cette réalité économique est le dénominateur commun à l’ensemble des complémentaires. Pour se différencier, chacun des acteurs veut "offrir des services à forte valeur ajoutée, notamment dans la prévention", relève Patrick Sagon. Les exemples ne manquent pas : conseils en matière d’hygiène, création d’un carnet de vaccination électronique… Les Echos signalent également la signature hier d’un accord entre la Mutualité et l’Office français de prévention du tabagisme, sans mentionner pour autant Priorité santé mutualiste.

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La CFDT a fait part hier de son hostilité à l’accord signé le 20 novembre entre l’assurance maladie et trois syndicats de spécialistes sur la revalorisation, à compter du 1er janvier, de certains actes techniques. Rappelons que cette hausse des tarifs s’élèvera en moyenne à 5%, mais pourra atteindre jusqu’à 32% sur certains actes, comme les pansements chirurgicaux.

Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT en charge de la protection sociale, demande "au gouvernement de ne pas agréer cet accord", rapporte Le Parisien/ Aujourd’hui (page 12). Dans un communiqué, la CFDT juge que "cet accord est malvenu", compte tenu des "dérives des dépenses de santé en 2007" et des "franchises médicales qui alourdissent les dépenses des assurés".

En outre, ce syndicat considère que ce texte est contraire à la loi de financement de la Sécurité sociale, laquelle prévoit un délai de six mois entre la signature d’un accord de revalorisation et la mise en oeuvre effective de cet accord. "Or, dans cette histoire, on a le sentiment que les spécialistes se sont empressés de ne pas tomber sous le coup de cette loi", estime Gaby Bonand dans Le Parisien/Aujourd’hui.

Cette position fait écho aux propos de la Mutualité française. "C’est choquant ! L’assurance maladie connaît un déficit considérable, mais on instaure les franchises médicales pour les malades et on accorde des augmentations tarifaires aux médecins", déclarait le 1er décembre son président au micro de RTL. De son côté, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) dénonce "les élucubrations" et "la véhémence incongrue" de la CFDT, note Le Parisien/Aujourd’hui.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)