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Comment sauver les retraites complémentaires ?

Les négociations sur les retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (salariés) sont-elles vraiment "dans l'impasse", comme le laisse entendre la "une" du Monde ? C'est ce que nous verrons à compter d'aujourd'hui puisque syndicats et patronat se retrouvent pour la sixième fois depuis février afin d'évoquer ces deux régimes à l'avenir inquiétant.

En 2014, rappelle le quotidien, "le déficit de l'Agirc a atteint 1,98 milliard d'euros et celui de l'Arrco 1,15 milliard (contre respectivement 1,24 milliard d'euros et 405 millions d'euros, en 2013)". Si aucune décision n'est prise rapidement, le Comité de suivi des retraites (CSR) a calculé que les réserves de l'Agirc seront probablement épuisées en 2017-2018. Si bien que le déficit de l'Agirc-Arrco se grèverait plus encore, atteignant "entre 8,4 milliards et 11,2 milliards d'euros" en 2020.

Reste à savoir comment redresser la barre d'ici là. La solution du Medef consiste à "rétablir l'équilibre entre le nombre de cotisants et celui des retraités", expliquent Les Echos (page 3). Pour cela, les salariés seront encouragés à travailler jusqu'à 64 ans grâce à un système de "bonus-malus" appliqué dès 2019. Ainsi, détaille La Croix (page 8), "selon la dernière copie du Medef, un salarié partant à 62 ans subirait une décote de 25%, et à 63 ans de 15%. A 64 ans, il aurait une retraite à taux plein, à 65 ans une bonification de 15% et à 66 ans de 25%".

En 2014, le déficit de l'Agirc a atteint 1,98 milliard d'euros et celui de l'Arrco 1,15 milliard (contre respectivement 1,24 milliard d'euros et 405 millions d'euros, en 2013).

Côté syndical, évidemment, l'initiative patronale de cette décote n'est pas très bien reçue, d'autant qu'elle traduit un recul de l'âge de départ en retraite à taux plein. Certains, toutefois, veulent bien envisager un abattement sur les pensions, mais à un taux bien plus faible que celui proposé par le Medef. C'est le cas, par exemple, de la CFDT qui en propose un abattement de 4%, pendant deux ans pour les nouveaux retraités, indique L'Humanité (page 9). Même tendance à la CFE-CGC, note Le Figaro (page 20), qui accepte le principe des abattements, s'ils restent "raisonnables".

Les syndicats sont en tout cas unanimes pour proposer "une contribution accrue des entreprises". Or, compte tenu des résistances de part et d'autre des négociateurs, il y a peu de chance qu'un terrain d'entente soit trouvé aujourd'hui, re­marque La Croix. Le gouvernement pourrait donc hériter du dossier quitte à "prendre des mesures impopulaires". A l'approche de l'élection présidentielle, observe Le Figaro, François Hollande n'y tient pas : c'est pour cela qu'il a lui-même appelé syndicats et patronat à décider de "mesures courageuses".

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Le DMP revient

Le fameux "dossier médical personnel" (DMP) ferait-il son retour ? Lancé en 2004 par le ministre de la Santé de l'époque, Philippe Douste-Blazy, sans jamais être réalisé, ce projet revient onze ans plus tard porté par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 9).

Précisément, écrit Le Monde (page 11), l'assurance maladie est missionnée pour "donner un nouveau souffle à ce dispositif". Elle a présenté hier un plan "pour déployer entre le deuxième semestre 2016 et la fin 2017 ce carnet de santé numérique auprès des patients volontaires". Soit un calendrier assez serré.

S'il parvient à être mis en place, rapporte le quotidien, ce dossier informatique consultable depuis un mobile deviendra un "dossier médical partagé". Il contiendra "aussi bien les comptes rendus d'hospitalisation des patients que les résultats de biologie, les radios ou les courriers de liaison entre médecins spécialistes et médecin traitant…".

Alors que dans son ancienne mouture, le DMP ne pouvait être créé que par un médecin, le prochain viendra de l'initiative des "19 millions d'assurés disposant d'un compte Ameli", indique Le Parisien/Aujourd'hui. Une expérimentation débutera dans huit départements au premier semestre 2016, prévient la Cnam, avec un déploiement à tout le territoire dès la fin 2016 et jusqu'à fin 2018.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)