Code du travail : le patronat satisfait, les syndicats mitigés

Si le Medef salue "une belle réforme", la CFDT se dit déçue en dépit de certaines avancées, la CGT est critique et FO "semble se satisfaire du paquet final".

Qui sont les gagnants et les perdants? Où sont les avancées et les reculs? Les zones d'ombre et les marges de progression? Questions récurrentes dès qu'il s'agit de réformes sensibles, comme celle modifiant le Code du travail. Présentées hier aux partenaires sociaux, les cinq ordonnances réformant le droit du travail n'échappent évidemment pas à ces interrogations.

Dans Le Monde, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger se dit "déçu" par cette réforme, même s'il reconnait certaines avancées. "Nous avons le sentiment que l’on reconnaît la présence syndicale a minima sans lui donner les moyens de se déployer. Le gouvernement a raté le coche. Il y a une occasion manquée sur le renforcement du dialogue social (…)", estime ce leader syndical.

Toutefois, Laurent Berger juge que "la concertation sur l’articulation entre négociations de branche et d’entreprise a été productive et la position finale est intelligente". "On est dans la philosophie d’un Code du travail qui protège, avec des accords de branche qui offrent une protection conventionnelle adaptée aux secteurs professionnels et des accords d’entreprise qui permettent de coller à ses spécificités", explique-t-il.

FO fait également les comptes, et "semble se satisfaire du paquet final", notent Les Echos. "D'un côté ce qui lui va : renforcement et anticipation des accords de branche, hausse des indemnités légales. De l'autre ce qui ne lui convient pas : référendum, droit à l'erreur ou moyens des IRP (instances représentatives du personnel) fusionnées", relève le quotidien économique.

Si la CFTC se félicite "qu'aucune ligne rouge n'ait été franchie", la CGT et la CFE-CGC sont nettement plus critiques. Ainsi, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dénonce "la fin du contrat de travail" et François Hommeril, son homologue à la CFE-CGC fustige "une flexibilisation accrue du marché du travail", rapportent Les Echos, tandis que L'Humanité voit dans ces ordonnances une "attaque en règle contre les acquis sociaux des salariés".

En revanche, le Medef salue une "belle réforme" et l'Union des entreprises de proximité (U2P), qui réunit 2,3 millions de petites et moyennes entreprises, considèrent que les textes vont dans le bon sens. "On nous a tellement dit par le passé que les petites entreprises seraient prises en compte. Cette fois-ci, les paroles ont été suivies d'actes", souligne Alain Griset, président de l'U2P, dans Les Echos.

Ces ordonnances entreront en vigueur le 22 septembre 2017, après avis du Conseil d’État. Et pour que tout un chacun puisse se faire sa propre opinion, Le Parisien fait acte de pédagogie en présentant en onze points ce qui va changer.

 

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Jean-Michel Molins

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