Cancer : première cause de mortalité

De quoi meurent les Français à l’heure actuelle ? La réponse à cette question nous est donnée aujourd’hui grâce à la publication d’une étude de l’Institut de veille sanitaire et de la Direction générale de la santé sur les "causes médicales de décès en France en 2004 et leur évolution depuis 1980".

D’après les chercheurs qui ont mené cette enquête, il apparaît que la mortalité des Français connaît des "changements importants", rapporte Libération (page 4). En effet, même s’il y a eu 10% de décès en moins en 2004 qu’en 2000, "le cancer devient la première cause de mortalité, détrônant les maladies cardio-vasculaires".

Ainsi, indique L’Humanité (page 9), sur les 509.000 décès enregistrés en 2004, 152.708 sont le fait du cancer, soit près de 30%. En revanche, la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires a, quant à elle, baissé de 50%, explique Le Figaro (page 10). Ce qui la place en seconde position avec 29% des décès totaux. Viennent ensuite, loin derrière, les accidents (5%), la maladie d’Alzheimer (2,3%), le suicide (2,1%) et le diabète (2,1%), poursuit ce quotidien.

Du point de vue de la répartition selon le sexe, note Libération, les "déséquilibres sont de plus en plus lourds". En effet, les hommes vivent toujours moins longtemps que les femmes puisque l’espérance de vie est de 76,8 ans pour les premiers contre 83,9 pour les secondes.

Pour Eric Jougla, qui a dirigé l’étude, "les inégalités devant la maladie et donc devant la mort, restent fortes. Entre hommes et femmes, c’est frappant. Mais il n’y a pas que l’inégalité due au sexe, il y a des inégalités régionales avec un gradient nord-sud et des inégalités sociales".

Dans le détail, la mortalité masculine est toujours supérieure à celle des femmes : 51,6% d’entre eux sont morts en 2004, victimes essentiellement de tumeurs (34,5%) et de maladies cardio-vasculaires (26,4%). Les femmes, elles, sont victimes des tumeurs pour 25,2% d’entre elles. Mais ce sont les maladies cardio-vasculaires qui les touchent en priorité (31,7%).

Autre tendance mise en évidence par Le Figaro : on relève dans la population féminine une très forte augmentation entre 2000 et 2004 des décès imputables à un cancer du poumon (+ 21%) et à la maladie d’Alzheimer (+ 34%)". Le cancer du poumon frappe d’ailleurs 40% des femmes de 45 à 64 ans, ce qui démontre, selon Eric Jougla, que cette "pathologie (est) directement liée aux effets du tabac".

Pour ce qui est de l’augmentation des cas de décès liés à Alzheimer, "il faut être prudent, car il y a un effet diagnostic" dû à une comptabilité récente. Une augmentation de certains cancers est également constatée de façon inquiétante, en particulier ceux du rein et du pancréas.

Globalement, toutes causes confondues, "les taux de décès ont baissé en France métropolitaine, entre 1980-2004, même si pour les cancers la baisse est restée modérée", conclut L’Humanité.

A lire aussi – Pesticides aux Antilles : réactions


Le rapport que rend public aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, le cancérologue Dominique Belpomme sur l’utilisation des pesticides aux Antilles provoque des remous.

Selon ce document, rappelle L’Humanité (page 8), les populations de Guadeloupe et de Martinique ont été "empoisonnées" durant des années par des pesticides répandus dans les bananeraies : le chlordécone et le paraquat. Ces produits sont à l’origine de certains cancers, de malformations congénitales ainsi que des troubles de la reproduction. Cette affaire a suscité hier des réactions diverses.

Selon L’Humanité (page 7), la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a voulu dédramatiser la situation en signalant que les données du Pr Belpomme "ont besoin d’être confirmées par des études scientifiques de haute qualité". Toutefois, poursuit ce quotidien, "elle va proposer que le règlement européen définissant les taux maximaux de résidus de pesticides autorisés dans les aliments soit encore plus sévère et passe de 50 microgrammes par kilo à 20 microgrammes".

De son côté, rapportent Les Echos (page 7), le ministre de l’Agriculture juge "la situation très grave" et assure que cette question sera traitée "avec la plus grande transparence". Le Parti socialiste, quant à lui, vient de réclamer l’ouverture d’une enquête parlementaire. Les producteurs de bananes, eux, se sont insurgés contre ce rapport qui n’est pas une "véritable" étude scientifique, rapporte 20 minutes (page 8).

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)