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Cancer : le pari de l’immunothérapie

"Traitement de rupture", "grand optimisme", "très excitant". Tels sont les qualificatifs entendus à propos des nouvelles thérapies contre le cancer, présentées ce week-end à Chicago, au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (Asco), le plus grand congrès annuel de cancérologie, rapporte Le Figaro-santé (page 11). En effet, médecins et chercheurs mettent beaucoup d'espoir dans l'immunothérapie, en particulier pour les cancers métastasés, pour lesquels il n'existe pas d'autre traitement.

A la différence de la chimiothérapie, qui détruit les cellules cancéreuses et les cellules saines, et des thérapies ciblées qui freinent la croissance de la tumeur, l'immunothérapie agit sur le système immunitaire du patient en déjouant un mécanisme de défense de la tumeur par lequel elle bloque l'action des lymphocytes. "Contrairement aux thérapies ciblées, dont le mécanisme d'action finit, avec le temps, par être contourné par la tumeur, le potentiel d'action de l'immunothérapie semble inépuisable", explique, au Figaro-santé (page 11), Jérôme Viguier, directeur du pôle de santé publique et soins à l'Institut national du cancer (Inca).

Ce traitement a déjà montré sa remarquable efficacité contre le mélanome métastasé. Le type le plus fréquent de cancer du poumon, dit "non à petites cellules", répond lui aussi à cette innovation thérapeutique. En 2013, un essai clinique international, incluant des chercheurs français, a montré l'efficacité du crizotinib, utilisé d'abord dans le traitement du cancer du poumon, puis élargi à d'autres types de cancers. Il préfigure surtout ce que sera la lutte contre le cancer à l'avenir, lorsque les médicaments seront choisis non plus en fonction de l'organe atteint, mais de l'anomalie génétique sous-jacente, indiquent Les Echos (page 12).

Si les thérapies ciblées sont apparues dans les années 1990, leur mise en œuvre débute. Pour accélérer leur mise sur le marché, "il faut assouplir la réglementation en vigueur, mal adaptée à ce type de médicaments", estime le quotidien économique. "Jusqu'ici, une molécule (par exemple le crizotinib) ne se voit accorder une autorisation de mise sur le marché que pour une localisation bien précise de cancer (en l'occurrence, le poumon) associée à une altération génétique donnée […]. Ce cadre est beaucoup trop restrictif pour les thérapies ciblées, par nature transversales", juge, dans Les Echos (page 12), le Pr François Sigaux, directeur de la recherche et de l'innovation à l'Inca.

D'autre part, les thérapies ciblées montreront toute leur efficacité le jour où elles seront prescrites de façon combinée, autrement dit entre elles, mais aussi avec d'autres médicaments relevant de l'immunothérapie. "Génomique, thérapies ciblées et immunothérapie forment un ménage à trois", résume François Sigaux. "Gare toutefois aux espoirs démesurés, tempère Le Figaro-santé. L'immu­nothérapie ne prétend pas remplacer au mieux les traitements actuels, elle s'y ajoute et les complète avec l'idée que les combinaisons créent une synergie démultipliant les prises sur la tumeur."

"D'une certaine façon, on rêve de trouver la thérapie du cancer, comme on l'a vu pour le VIH", souligne le Dr Christophe Le Tourneau, responsable des effets précoces et de la médecine de précision à l'Institut Curie (Paris). Par ailleurs, "tous les patients ne répondent pas [à l'immunothérapie], rappelait, vendredi à Chicago, le Dr Lynn Schuchter, oncologue et membre de la Société américaine d'oncologie clinique. Identifier les patients susceptibles de bénéficier de ces nouveaux produits, en monothérapie ou en combinaisons, sera l'un des défis des années à venir."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)