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Cancer du sein : risque de mortalité accru dans les petits établissements

Les femmes opérées d'un cancer du sein dans un établissement à faible activité ont un risque de décès supérieur de 84% par rapport à un établissement à forte activité, selon une étude de l'assurance maladie.

"C'est un conseil à donner à toutes les femmes atteintes d'un cancer du sein : si vous devez vous faire opérer, essayez de vous renseigner sur l'hôpital ou la clinique qui doit vous prendre en charge", recommande La Croix. Parmi les questions à se poser : s'agit-il d’un établissement ayant l'expérience de ce genre de chirurgie ? Opère-t-il plus de trente cancers du sein dans l'année ?

"Nul doute que ce genre de conseil devrait agacer les chirurgiens des petites structures, reconnaît La Croix. Mais impossible de ne pas tenir compte d'un rapport de l'assurance maladie sur le sujet. Selon ce rapport, les femmes opérées d'un cancer du sein dans un établissement à faible activité (moins de trente cancers opérés dans l'année) ont un risque de décès supérieur de 84% par rapport aux femmes traitées dans un établissement à forte activité (plus de 150 cancers annuels)."

Ce résultat, confirmé par d'autres enquêtes, a conduit les autorités sanitaires à imposer plusieurs critères à respecter par les hôpitaux et les cliniques pour être autorisés à soigner des cancers. Parmi ces critères figure notamment un seuil minimal d'activité. Ainsi, depuis 2009, un établissement ne peut opérer des cancers du sein ou un cancer digestif, urologique ou thoracique qu'à la condition de réaliser au moins trente interventions dans l'année, rappelle le quotidien.

Pour les cancers gynécologiques ou ORL, le seuil est de vingt opérations par an. Conséquence : bon nombre de petits établissements ont ainsi cessé d'accueillir des malades du cancer. Malgré cela, en 2014, 159 petits hôpitaux ou cliniques ont encore opéré des cancers du sein tout en étant en dessous du seuil autorisé.

Ce qui n'est pas sans conséquence sur le taux de mortalité. En 2012, dans l'année ayant suivi l'intervention chirurgicale, il était deux fois plus élevé dans les établissements en dessous du seuil par rapport à ceux opérant plus de cent cancers du sein dans l'année, rappelle La Croix. Aujourd'hui, ce seuil d'activité devrait être relevé, estime le Pr Marc Espié, responsable du Centre des maladies du sein de l'hôpital Saint-Louis à Paris. "Il faudrait passer à moins cinquante interventions au minimum par an."

L'assurance maladie souhaite aller plus loin et fixer le seuil à 150 interventions par an. Dans ce cas, 338 établissements ne seraient plus autorisés à opérer de cancers du sein. "Mais cela ne pourrait pas se faire tout de suite car les grands établissements ne seraient pas en capacité d'absorber tout ce surplus d'un seul coup", estime le Dr Bruno Cutuli, président de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire.

"Reste que cette étude montre l'urgence de se battre contre l'une des plus fortes inégalités dans le domaine du cancer : celle de l'accès à l'information. Car en général, les patients socialement bien insérés et bien informés, savent parfaitement où aller se faire soigner", conclut La Croix.

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John Sutton

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