Cancer du col de l’utérus : neuf plaintes contre le vaccin Gardasil®

Maladie de Verneuil, lupus, myasthénie, hypersomnie idiopathique neurologique, syn­drome de Guillain-Barré, maladie de Crohn… C'est l'inventaire des maladies qui seraient apparues chez neuf patientes âgées de 18 à 24 ans dans les semaines qui ont suivi leur injection de Gardasil®.

Il y a un mois, rappelle Le Parisien/Au­jourd'hui (page 20), ce vaccin contre le papillomavirus avait déjà fait l'objet d'un premier dépôt de plainte de la part d'une victime atteinte de sclérose en plaques. Cette fois, elles sont neuf à associer ce produit du laboratoire Sanofi Pasteur MD à leur pathologie, et à déposer plainte devant le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour "atteinte involontaire à l'intégrité des personnes" et "tromperie aggravée".

Ces neuf plaintes ne visent pas nommément le laboratoire "qui a lancé en 2006 ce vaccin contre le cancer du col de l'utérus – près de 1000 décès chaque année –, en particulier chez les femmes de 50 à 60 ans", écrit Libération (page 14). Cette démarche "contre X" vise toutefois à "faire la lumière" sur le lien existant entre ce vaccin et les symptômes constatés, complète Le Parisien/Au­jourd'hui. Pour cela, des expertises et des "documents établissant la dangerosité du produit" ont été joints au dossier, en attendant les éléments complémentaires que pourra fournir un collège d'experts. Les trois avocates des plaignantes souhaitent en tout cas mettre en évidence "la responsabilité de chacun" des nombreux intervenants de la chaîne.

Pour ce qui est de la "tromperie", poursuit le quotidien, ces dernières comptent la démontrer en exposant l'"indigence des indications" concernant une possible existence d'effets secondaires. Il faut dire, observe dans Libération, le professeur Bégaud, pharmacologue et auteur d'un rapport sur le bon usage des médicaments, que "tout vaccin, aussi banal soit-il, comporte un risque". Pour le Gardasil®, "toute la difficulté réside dans le décalage qui existe entre un risque éventuel lors des injections pour la jeune ado, et le risque futur d'un cancer qui pourrait survenir trente ou quarante ans plus tard. Ce n'est pas simple, ni à comprendre ni à accepter", conclut-il.

A lire aussi dans la presse - Modernisation de l'action publique : 5 à 7 milliards d'économies visés

Le Premier ministre doit réunir aujourd'hui à Matignon l'ensemble du gouvernement à l'occasion d'un Comité interministériel de modernisation de l'action publique (MAP). Objectif : tirer un bilan de ce dispositif qui remplace depuis un an la révision générale des politiques publiques (RGPP), mise en place par la précédente majorité, mais aussi à envisager l'avenir.

Jusqu'ici, notait la semaine dernière un rapport du think-tank Terra Nova, cette réforme de l'Etat qui a l'ambition de réaliser 50 milliards d'euros d'économies pour les trois dernières années du quinquennat "n'a pas été une réus­site". "Un sentiment partagé dans les rangs de la majorité comme au sein de l'exécutif, où l'on reconnaît que les évaluations de politique publique auraient mérité d'être davantage ca­drées", notent Les Echos (pages 4 et 5).

En effet, en 12 mois, ce sont pas moins de 49 audits qui ont été lancés sur des sujets divers tels que l'évaluation des aides aux entreprises, les politiques de logement, la politique familiale, ou encore la politique de l'eau ou la restauration des monuments historiques. De cette "liste à la Prévert", indiquait Terra-Nova, peu de résultats spectaculaires sont sortis, et les grandes réformes structurelles promises se font en­core attendre.

Cette fois, écrit L'Opinion (page 4), "le gouvernement, avec l'aide du secrétariat général de la MAP, va examiner au total une douzaine de politiques publiques", avec l'objectif de réaliser, à partir de 2017, 5 à 7 milliards d'économies supplémentaires par an.

Pour cela, poursuivent Les Echos, la pression va être mise sur les collectivités locales et la gestion de leurs déchets ainsi que sur la mutualisation des services entre les communes. Le secteur de la santé est également concerné puisque "seront notamment examinés le sujet de la chirurgie ambulatoire et le recours aux médicaments génériques", écrit Le Figaro (page 21). Deux secteurs sur lesquels pourraient être réalisés 500 millions d'euros par an, rapportent Les Echos, rappelant que, bien que ces deux chantiers soient ouverts depuis longtemps, "la France reste très en retard".

Frédéric Lavignette

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