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Budget de la Sécu : l’ordonnance de la Cnam

Ce devait être 2007, puis 2009, finalement l'équilibre du régime général de la Sécurité sociale est repoussé à... 2010, ironise Le Figaro-économie (page 20). Dans sa contribution au prochain budget de la "Sécu", la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) table sur un "trou" de 3,9 milliards d'euros en 2008, avec des dépenses en hausse de 3,3%. Frédéric van Roekeghem, directeur de la Cnam soumettra aujourd'hui à son conseil une série de seize mesures structurelles pour contenir la hausse des dépenses, à moyen terme.

Parmi les principales pistes, souvent déjà évoquées, on trouve une "rémunération à la performance" de certains médecins ou groupes de médecins en contrats individuels avec l'assurance maladie pour des objectifs de qualité (modération des prescriptions...).

La Cnam souhaite également inciter les praticiens à honoraires libres à avoir une part minimale d'activité au "tarif Sécu". Par quels moyens, cela n'est pas précisé. Les autorisations préalables seraient étendues aux hospitalisations.

Des accords délivrés par téléphone dans un délai inférieur à 24 heures seront expérimentés. Par téléphone également, les patients pourront connaître les tarifs moyens des médecins et des dentistes. La Cnam généralisera, d'ici à 2008, le dispositif "Web médecin", testé actuellement, qui permet de visualiser tous les actes ou médicaments remboursés à un patient depuis un an et ses arrêts de travail, avec son accord.

En attendant le DMP qui tarde à se mettre en place, c'est un premier outil pour éviter les examens redondants et les interactions médicamenteuses. L'assurance maladie propose enfin de ne rembourser les nouveaux médicaments que s'ils apportent véritablement une amélioration thérapeutique. Elle recommande que l'entrée dans le dispositif ALD ne soit accordée qu'aux personnes dont la maladie est effectivement "longue et coûteuse", sur la base de critères qui seront dévoilés cet automne par la Haute Autorité de santé (HAS).

En attendant de savoir si ces propositions seront retenues par les pouvoirs publics, d'autres projets sont à l'étude, en particulier l'instauration d'une franchise médicale ou d'un bouclier sanitaire. Dans une tribune des Echos (page 12), Jean-Marc Vittori, éditorialiste de ce quotidien, dénonce une "franchise pas très franche." Le journaliste redoute à terme l'implosion du modèle solidaire actuel. "Plus les riches paient l'assurance maladie pour les pauvres, plus ils auront intérêt à changer de système", écrit-il.

Dans une autre tribune publiée par Le Monde (page 17), André Grimaldi, chef du service de diabétologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), considère que la fixation d'une nouvelle franchise est "médicalement aberrante, socialement injuste et financièrement coûteuse".

A lire aussi – Cancer du col de l'utérus : vaccin remboursé


Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus, le Gardasil® de Sanofi Pasteur MSD, sera remboursé à 65% par la Sécurité sociale, selon un arrêté publié hier au Journal officiel, notent Les Echos (page 18).

Commercialisé en France depuis le 23 novembre au prix public conseillé de 135,59 euros la dose, la vaccination nécessite trois injections, ce qui porte la facture à près de 407 euros. Le Gardasil® sera remboursé "aux jeunes filles âgées de 14 ans" et aux "jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle".

On compte près de 3.400 nouveaux cas de cancer invasif du col de l'utérus chaque année et entre 900 et 1.000 femmes en meurent. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) va mettre en place un registre des grossesses survenues après la vaccination au Gardasil® "pour mieux évaluer le risque malformatif", rapporte Le Figaro (page 12).

Précision importante : ce vaccin ne protège pas contre la totalité des papillomavirus cancérigènes, ni contre les infections déjà existantes. "Il est essentiel que les femmes continuent à faire régulièrement des frottis pour dépister les lésions précancéreuses", prévient le Pr Christian Quereux, chef du service de gynécologie du CHU de Reims, dans La Croix (page 8).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)