Bras de fer sur les honoraires médicaux

Dès la fin février, via leurs syndicats, les médecins libéraux vont entamer une nouvelle bataille : celle de la revalorisation de leurs honoraires dans le cadre de la renégociation de la convention médicale avec l'assurance maladie, prévient Le Figaro de samedi 9 janvier (page 23). C'est à cette occasion que les tarifs des consultations doivent être fixés pour les cinq ans à venir.

Le principal syndicat libéral, la CSMF, réclame depuis huit mois "un tarif de base de 30 euros pour tous les médecins, contre 23 euros pour les généralistes et 28 euros pour les spécialistes actuellement", note le quotidien. De son côté, MG France, le premier syndicat de médecins généralistes, plaide pour une revalorisation à 25 euros.

L'UFML demande pour sa part "une liberté tarifaire totale", souligne Le Parisien/Aujourd'hui de samedi (pages 2 et 3).

Sur les 52.000 généralistes que compte le pays, 200 à 400 médecins par semaine auraient suivi le mot d'ordre déjà lancé par MG-France, comptabilise le quotidien. Les services de l'assurance maladie auraient envoyé à certains d'entre eux "un courrier les appelant à respecter les engagements pris en 2010", lors de la précédente négociation de la convention médicale.

Et les patients ? Ils "n'ont pas à s'inquiéter pour leur portefeuille, assurent les médecins", rapporte Le Figaro, qui poursuit : "Les mutuelles peuvent prendre en charge les surcoûts facturés en "dépassement pour exigence particulière du patient"".

Or, si le patient débourse un dépassement indûment réclamé par le médecin, rien ne garantit son remboursement intégral, met en garde Le Parisien/Aujourd'hui, qui rappelle, citant des chiffres de la Mutualité Française, que "seuls 53% des contrats de complémentaire santé prévoient un remboursement des dépassements d'honoraires". Dépassements par ailleurs plafonnés dans le cadre des contrats responsables.

De son côté, poursuit Le Parisien/Aujourd'hui, "l'UFC-Que choisir, invite les patients mécontents à se faire connaître par écrit afin de lancer ensuite une "action collective" auprès de l'assurance maladie "pour qu'elle sanctionne ces pratiques illégales".

A lire aussi – Des lentilles de nuit pour voir le jour

Déjà adoptée par les myopes d'Asie et des Etats-Unis, l'orthokératologie devrait se banaliser ces prochaines années en France, où 150 ophtalmologistes la mettent déjà en pratique.

Cette technique récente destinée aux myopes astigmates consiste "à porter des lentilles de nuit qui réduisent la courbure de la cornée pendant votre sommeil. Une fois que vous les avez retirées le matin, votre myopie est corrigée toute la journée", explique Le Parisien/Aujourd'hui (page 12).

Selon le docteur Adrien Sarfati, responsable de l'unité de contactologie à l'Hôtel-Dieu, la technique "s'adresse aux gens qui ne supportent plus leurs lentilles pendant la journée et à ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se faire opérer". Ces lentilles de nuit permettraient de freiner entre 40% et 80% de la myopie des jeunes patients, à qui elles peuvent être prescrites dès 7 ans.

Le journaliste du Parisien/Aujourd'hui, lui-même myope, s'est livré à l'expérience avec satisfaction, au terme de plusieurs visites chez l'ophtalmologue, destinées à vérifier son éligibilité à ce test. Il raconte : "Le forfait d'adaptation est facturé 300 euros", non pris en charge par la Sécurité sociale. "Après plusieurs prises de mesure et examens des yeux, une topographie de la cornée (des photos prises au plus près de vos globes oculaires) est nécessaire pour pouvoir fabriquer des lentilles spécifiquement adaptées à la forme de ma cornée."

Disponibles chez l'opticien du patient qui lui indiquera la façon de les utiliser, les lentilles de nuit coûtent 400 euros. Leur durée d'utilisation est d'un an.

En bref

Social

– "Les aides financières pour lutter contre les déserts médicaux, inefficaces, seront renégociées." La ministre de la Santé, Marisol Touraine, veut corriger les incitations financières qui existent depuis 2005 pour lutter contre les déserts médicaux. Actuellement, un médecin s'installant dans un désert médical touche une prime de 2.500 à 5.000 euros par an. Il bénéficie en outre d'une majoration de 5% à 10% de ses honoraires, pour un maximum de 20.000 euros par an. Ces aides démographiques, financées par l'assurance maladie, ont représenté un budget de 28,3 millions en 2014 et ont bénéficié à un peu plus de 2.000 médecins. Le Figaro du 9 janvier page 23.

– "Tabac : rebond des ventes en 2015 après six ans de baisse." En baisse depuis 2009, les ventes de cigarettes auraient redécollé de 1% l'an dernier alors que celles du tabac à rouler auraient augmenté de 6,3%. Pour Bercy, cette augmentation est peut-être le signe de l'efficacité de la répression contre le trafic illicite. En n'achetant plus sur Internet ou dans la rue des cigarettes illégales, les consommateurs auraient retrouvé le chemin des buralistes.
Les Echos page 5.

– "Les médecins accros aux marques de médicaments." Selon une étude publiée par l'UFC-Que choisir, les médecins ne respectent pas la loi qui les oblige à utiliser le nom des molécules pour rédiger leur ordonnance – ce qu'on appelle la dénomination commune internationale (DCI). En effet, près de trois quarts d'entre eux les désignent encore par leur nom commercial. Le Monde Eco et Entreprise de samedi 9 janvier page 4.

Santé

– "Cannabis et épilepsie, l'espoir à petits pas." Un essai clinique financé par le laboratoire britannique GW Parmaceuticals étudie actuellement l'efficacité du cannabidiol contre les épilepsies pharmacorésistantes. Ce composé du cannabis a été popularisé en 2013 par un reportage de CNN racontant l'histoire de Charlotte Figi dans le Colorado : de 300 crises par jour, l'enfant est passée à une seule, reparle, marche, parvient même à faire du vélo. Prudence, estiment certains médecins : ce n'est pas parce qu'une molécule est efficace sur un patient qu'elle l'est sur les autres. Le Figaro de samedi 9 janvier page 12.

Et aussi

– Accoucher à domicile n'est pas sans risque. Le Figaro page 9.

– Avant d'annoncer la semaine prochaine une liste de mesures contre le chômage, l'exécutif reçoit aujourd'hui les partenaires sociaux. Les Echos pages 2 et 3.

– Le risque d'être hospitalisé pour une maladie neurodégénérative telles qu'Alzheimer ou Parkinson s'accroît avec la pollution de l'air. Le Monde de samedi 9 janvier page 6.

— Quel nom trouver pour les nouvelles régions ? Le Monde de samedi 9 janvier page 7.

Frédéric Lavignette

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