Avenir de la « Sécu » : les pistes de réforme

"L'avenir de l'assurance maladie, système auquel les Français sont profondément attachés, demeure plus qu'incertain" : tel est le diagnostic posé par Le Monde. Ce quotidien publie un cahier santé de 12 pages qui aborde aussi bien des thèmes médicaux (cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète) que les comportements individuels (addictions, automédication) sans oublier le sujet du financement plus que jamais à l'ordre du jour.

Ainsi, relève Le Monde (page I), "la question essentielle est de savoir comment les régimes obligatoires de protection sociale, les assurances complémentaires et les ménages se partageront la charge des dépenses dans les prochaines années". Les premières réponses avancées dans ce débat ne sont pas toujours en concordance avec "l'organisation solidaire de protection de la santé érigée en 1946", constate le quotidien (page II).

L'instauration l'année prochaine de nouvelles franchises médicales est justement l'une de ces entorses au "principe de base du système français". En effet, avec un tel dispositif, "les patients se substituent à la solidarité nationale pour financer les autres patients", analyse Le Monde.

Malgré "l'opposition des syndicats de salariés, des mutuelles, des associations" à cette mesure, "ce sont 850 millions d'euros qui ne seront plus remboursés". Une économie qui, "de toute évidence, n'est pas une solution durable et suffisante" pour renflouer un déficit persistant. Par conséquent, peut-être est-il temps d'envisager "l'émergence de changements profonds, voire un bouleversement de logique" pour affronter les 4 milliards d'euros de passif de l'assurance maladie prévus pour 2008.

De son côté, la Mutualité prépare déjà l'avenir en lançant Priorité santé mutualiste, indique Le Monde (page IV). Ainsi, confirme le quotidien, elle mettra en place "un service de prévention, d'information, d'orientation et d'accompagnement qui démarrera en avril 2008 en Bretagne et dans le Languedoc". "Les mutuelles vont changer radicalement de métier, nous allons essayer de guider nos adhérents ayant des pathologies lourdes vers des pôles médicaux offrant les meilleures garanties de qualité des soins", indique le président de la FNMF, Jean-Pierre Davant.

Autre changement indispensable : l'accès aux données de santé. "Le marché de l'assurance complémentaire ne pourra évoluer radicalement tant que les assureurs resteront cantonnés au rôle de payeurs aveugles", estime à juste titre Le Monde (page IV). Le directeur général de la Mutualité française, Daniel Lenoir, explique en quoi consiste l'expérimentation mutualiste sur le médicament mené actuellement dans la Marne. "Il ne s'agit pas de se lancer dans une opération de contrôle des comportements individuels, mais de mettre en place des dispositifs permettant d'optimiser les dépenses mutualistes", analyse Daniel Lenoir. Cette opération permettra notamment de repérer les médicaments à service médical rendu insuffisant et d'évaluer le recours aux génériques.

Pour Anne-Laurence Le Faou, maître de conférences en économie de la santé à Paris VII, les pouvoirs publics ne pourront, quant à eux, occulter une réflexion de fond sur l'organisation de l'offre de soins. Les professions de santé "vivent sur les principes de la pratique libérale édictés en 1927 alors que nous ne sommes pas réellement dans une situation libérale", explique-t-elle. "Le mode de rémunération exclusif à l'acte sans encadrement est une liberté incompatible avec un système de santé financé par la collectivité", ajoute cette enseignante. Le même raisonnement vaut pour la liberté d'installation…

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Comme chaque année, l'Insee publie le "Portrait social de la France", indique La Tribune (page 28). "Globalement la photo n'est pas mauvaise. Mais dans le détail, des taches apparaissent."

Parmi les points positifs souligne le quotidien, "le pays fait des bébés (830.000 en 2006, ce qui est un record depuis vingt ans)". De même, en 2006, l'inflation est restée modérée et l'emploi a connu une progression.

En revanche, même si le pouvoir d'achat a été en hausse de 2,3%, les salaires ont toutefois baissé. Ainsi, rapporte Libération (pages 8 et 9), le salaire mensuel moyen pour un temps plein s'est élevé en 2006 à 1.904 euros dans le secteur privé et à 2.127 euros dans le public.

Mais, poursuit ce journal, "jamais, sans doute, certains n'ont eu l'impression d'autant s'appauvrir" puisqu'en 2005, 7,1 millions de personnes étaient considérées comme pauvres.

Selon Le Figaro (page 19), les 10% de Français les plus modestes vivaient avec 780 euros mensuels, tandis que les 10% détenant les plus hauts revenus comptabilisaient au moins 2.450 euros par mois.

De fait, les inégalités se constatent également au niveau du patrimoine. Pour les 10% de ménages les moins riches, ce patrimoine était inférieur à 2.110 euros alors qu'il s'élevait à plus de 450.000 euros pour les 10% les plus riches en 2003.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)