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Autonomie : adapter les tarifs des Ehpad aux revenus

Dans un entretien au Parisien, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, détaille les propositions du mouvement mutualiste pour la prise en charge du grand âge et de la perte d'autonomie. Parmi celles-ci : le plafonnement du prix des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et leur tarification en fonction des revenus.

Dans un entretien accordé au Parisien, Thierry Beaudet commente les propositions de la Mutualité Française sur la prise en charge du grand âge et de la perte d'autonomie. Celles-ci sont destinées à alimenter la concertation publique organisée en amont d'une loi ad hoc, d'ici fin 2019.

A ce titre, indique le président de la Mutualité, 41% des personnes en perte d'autonomie sont placées en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Un taux trop élevé, selon lui, la moyenne européenne s'élevant à 32%. "Commençons par favoriser le maintien à domicile, propose-t-il face à cette réalité. Pour cela, il faut des moyens. Or la France dépense deux fois moins que la Suède pour la dépendance". Mais comment financer un tel changement ?, interroge Le Parisien.

Parce qu'elle "concerne tous les Français", la perte d'autonomie devrait être financée par la solidarité nationale. Toutefois, précise Thierry Beaudet, "nous sommes dubitatifs sur la capacité à dégager un financement public intégral. Les mutuelles réfléchissent donc à une assurance dépendance généralisée et obligatoire, qui s'ajouterait au socle du financement public". Concrètement, il s'agirait, à partir de 40 ans, d'intégrer aux contrats de complémentaire santé dits "responsables" (96% des contrats) une cotisation supplémentaire dédiée à la dépendance.

De l'ordre de 10 à 15 euros mensuels, elle "permettrait d'apporter 500 euros par mois d'aide aux résidents" les plus dépendants.

Interrogé sur la question du reste à charge, particulièrement élevé dans notre pays (2.000 euros en France contre 180 en Suède), Thierry Beaudet propose de "faire payer chacun en fonction de ses revenus", à l'image de ce qui est pratiqué pour les crèches.

Il faudra en outre "des aides publiques pérennes pour garantir l'équilibre financier des établissements". Le risque, admet-il, est que les établissements instaurent une sélection par l'argent. D'où la proposition mutualiste "de fixer des tarifs plafond pour chaque service proposé par l'établissement. Chaque résident conserverait bien sûr la liberté de choix".

Interrogé dans un autre registre sur l'évolution des cotisations des contrats, le président de la Mutualité rappelle que les hausses constatées "suivent l'évolution de la consommation de soins, qui augmente depuis trente ans, et pas seulement du fait du vieillissement". Une étude réalisée sur un échantillon représentatif de 14 millions d'adhérents des mutuelles, révèle à ce titre que l'augmentation n’a été de 1,8% en moyenne pour 2019.

Et de préciser encore qu'"entre 2006 et 2017, alors que nos remboursements ont progressé de 38%, les cotisations ont augmenté de 40%, soit 3% par an. Sans compter le passage des taxes de 2,5% à 13,27%. La santé est plus taxée que le hamburger ! Si on ne veut plus de hausses, qu'on cesse de nous transférer des charges". Pour l'avenir, prévient Thierry Beaudet, le surcoût de la réforme du reste à charge zéro sur certains soins d’optique, dentaire et audioprothèse devrait être absorbé. Toutefois, "si de nouvelles dépenses nous sont imposées, nous les répercuterons".

Quant à la possibilité de résilier à tout moment son contrat de complémentaire santé, Thierry Beaudet dénonce une véritable "trappe à pauvreté". "Cela risque de créer des mutuelles à deux vitesses, alerte-t-il. Celles, plus compétitives, dont bénéficieront les gens les plus mobiles, et celles de ceux qui ne savent pas faire. Souvent les plus modestes, qui continueront eux à payer le prix fort".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)