Attention aux piluliers dans les maisons de retraite

Les erreurs de nom du patient, d’heure ou de jour de prise, de dosage, voire de médicament, dans les piluliers conduisent à l’hôpital 10 à 20% des résidents d’établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) selon un Livre blanc, révèle Le Parisien/Aujourd’hui (page 10). Ce rapport, remis demain par Jean-Luc Fournival, président de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF), aux ministres de la Santé et de l’Economie, dresse un état des lieux de la préparation des doses administrées (PDA) en Ehpad. Il propose de confier la réalisation des piluliers aux seuls pharmaciens et d’appliquer une nouvelle pratique : la PDA automatisée, qui réduit la marge d’erreurs à 2%.

"J’ai visité bien des maisons de retraite et j’ai vu comment les infirmières préparaient les piluliers, parfois sur un coin de table, souvent fatiguées, car cela prend des heures, constate Jean-Luc Fournival. Il faut déconditionner chaque médicament, vérifier l’ordonnance, mettre le bon médicament dans le bon pilulier et au bon endroit. Tout ceci est chronophage et source d’erreurs." Un premier rapport a été remis à Marisol Touraine en 2013, mais "les décisions et les décrets se font attendre", regrette le président de l’UNPF.

"L’assurance maladie pourrait éviter 20% des dépenses, à la fois sur les achats de médicaments et sur les hospitalisations de patients en Ehpad, poursuit-il. Aujourd’hui, les maisons de retraite achètent deux semaines, voire un mois de traitement à la fois, car il s’agit souvent de malades chroniques. Si le médecin change l’ordonnance, ces achats sont perdus."

La PDA automatisée appliquée aux maisons de retraite pourrait générer 42,5 millions d’euros d’économies, selon les auteurs du Livre blanc. Cette PDA pourrait également favoriser les médicaments génériques. Le rapport propose de former et de rémunérer les pharmaciens pour les inciter à adopter la PDA sécurisée. 250 robots, fabriqués en Chine et au Japon, sont déjà utilisés en France, mais sans protocole légal.

John Sutton

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