AP-HP : grève contre la réforme des 35 heures

Journée de grève aujourd'hui dans les 38 établissements de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). A l'appel de leurs syndicats, les salariés sont invités à protester contre la remise en question de l'accord sur les 35 heures autour du mot d'ordre : "Repos préservé, qualité des soins assurée".

"Dans tous les hôpitaux qui ont renégocié les 35 heures (c'est le cas de 45% d'entre eux, qui ont en moyenne supprimé 5 jours de RTT), c'est chaque fois le même constat", indique L'Humanité (pages 4 et 5). Compte tenu du type d'activité et faute de personnel en nombre suffisant, les salariés n'arrivent pas à prendre leurs jours de RTT. Ceux-ci s'accumulent donc sur des comptes épargne-temps (CET), dispositifs créés pour s'adapter à la situation particulière des hôpitaux.

Seulement, en septembre, le gouvernement a demandé aux établissements hospitaliers de réaliser 860 millions d'économies en trois ans sur leur masse salariale. Mauvaise nouvelle pour le directeur de l'AP-HP, Martin Hirsch, qui s'est par conséquent inter­rogé, indique Libération (pages 2 à 5) : "Que faire ? Supprimer des emplois ?" Pour ne pas s'y résoudre, la direction préfère faire le pari d'une "meilleure organisation du travail", explique-t-il. En d'autres termes, cela consiste à travailler un peu moins chaque jour pour approcher des 35 heures.

D'après La Croix (page 5), tous les hôpitaux publics sont concernés par le réaménagement du temps de travail. A partir du 1er juillet, ils se doivent en effet d'appliquer "un nouveau décompte horaire pour les urgentistes, plafonnés à 39 heures par semaine auprès des patients". Et pour compliquer le tout, "depuis le 1er mai, les hôpitaux sont aussi contraints d'appliquer un décret limitant le temps de travail des internes à 48 heures par semaine".

Le nombre de personnels (hors médecins) concernés par la réforme des 35 heures, laquelle pourrait entrer en vigueur au 1er janvier 2016, est de 75.000. "Quand on nous dit qu'on va travailler moins d'heures, explique par exemple l'une de ces salariés dans L'Humanité, ça sous-entend faire le même travail en moins de temps avec des jours de repos en moins." Ou alors, peut-être faut-il rester plus longtemps, au-delà du temps de travail, pour compléter le reste à faire. Au final, observe-t-elle, "on va être plus malade que les patients".

A lire aussi – Dépassements d'honoraires : la hausse se poursuit

Dans le cadre de l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, le collectif interassociatif sur la santé (Ciss) présente ce matin, avec 60 millions de consommateurs et Santéclair, les résultats d'une étude sur l'évolution des dépassements d'honoraires depuis la mise en place du contrat d'accès aux soins (CAS). Quel bilan tirer de ce dispositif adopté par 11.400 médecins qui se sont engagés à limiter le niveau de leurs compléments d'honoraires ?, interrogent ce matin Les Echos (page 3).

Le taux de dépassement sur les actes a diminué de 1 point l'an dernier, à 54,1% du montant du tarif de base de la Sécurité sociale, indique le quotidien. Toutefois, nuancent les membres de l'observatoire, l'enveloppe totale des dépassements continue de croître. Elle représente 2,8 milliards d'euros soit une hausse de +6,6% en deux ans, après +6,4% entre 2010 et 2012.

Une évolution liée à un nombre croissant de spécialistes choisissant de s'installer en secteur 2, mais aussi à la "brèche" ouverte par le contrat d'accès aux soins "dans la classification entre les secteurs à honoraires libres ou conventionnels", estiment Les Echos.

Ce dispositif autorise en effet les médecins spécialistes de secteur 1 à facturer des dépassements à condition d'avoir été chef de clinique. Les généralistes, pour leur part, "ont plutôt joué le jeu de la modération", cons­tate le quotidien qui précise que, selon MG France, leur revenu net a baissé de 2,24% en 2014.

Frédéric Lavignette

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