Antidépresseurs : nouveau scandale sanitaire ?

Dans une tribune au Monde (page 17), la députée européenne d'Europe écologie Les Verts, Michèle Rivasi, s'indigne que certains antidépresseurs soient toujours remboursés par la Sécurité so­ciale, alors qu'ils ne sont pas dénués d'effets secondaires et de risques sanitaires graves. Les démonstrations ne manquent pas.

En février 1998, c'est le Deroxat® qui pousse par exemple un Américain à tuer sa femme, sa fille et sa petite-fille. Après un procès, le gendre de l'assassin s'est fait indemniser par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), qui "avait caché des essais cliniques prouvant que le Deroxat® était responsable de comportements agressifs chez 25% des patients testés".

Ce médicament, rappelle la députée, est remboursé à 65% en France, "alors même que Prescrire affirmait en 2003 qu'il n'a pas de supériorité certaine comparée à un placebo dans le traitement de l'anxiété".

En 2006, la Food and Drug Administration (FDA), l'agence du médicament américaine, reconnaissait de surcroît que les effets secondaires comme l'envie de suicide étaient probables.

Tout comme le Deroxat®, le Cymbalta®, appartient aux "inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)". Ce médicament contre la dépression ma­jeure n'a été comparé qu'avec un placebo avant sa commercialisation.

En janvier 2015, la revue Prescrire l'a épinglé en publiant "une évaluation sans concession". D'après la revue, la duloxétine qui le compose "expose entre autres à des troubles cardiaques, des hépatites ainsi qu’à des hémorragies parfois mortelles. En France, le Cymbalta®, qui coûte 26 euros, est remboursé à 65% par la Sécurité sociale", observe Michèle Rivasi, qui dénonce "un scandale sanitaire qui ne dit pas encore son nom".

Frédéric Lavignette

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