Alzheimer : quelles perspectives de traitement ?

A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer, qui a lieu ce lundi, la plupart des journaux publient des chiffres inquiétants sur cette pathologie, que dramatisent plus encore des perspectives de guérison incertaines. Chaque année, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), la maladie vient ajouter 225.000 nouveaux cas aux 900.000 déjà recensés en France. Ce qui représente environ 1,2% de la population. Compte tenu de l'allongement de la durée de vie, la tendance devrait s'accentuer avec plus de 2 millions de malades prévus à l'horizon 2020, indique le quotidien.

Pour l'heure, poursuivent Les Echos (page 12), les scientifiques n'ont pas encore identifié les causes d'Alzheimer, mais ils misent beaucoup sur la génétique. En effet, "un tiers des gènes à l'origine de la maladie identifiés depuis les années 1990 sont liés à la production ou à la dégradation d'une protéine qui est au cœur des mécanismes moléculaires impliqués, l'APP (amyloid precursor protein)".

La dégradation de cette protéine est à l'origine d'une "cascade infernale" qui s'enclenche jusqu'à perturber et neutraliser certaines cellules du cerveau.

Actuellement, signalent Les Echos, une centaine de molécules thérapeutiques sont en développement dans les laboratoires du monde entier pour tenter de bloquer ce processus. Peut-être un espoir pour les malades, qui ne bénéficient pour l'heure que de traitements à l'efficacité contestée.

Depuis près de dix ans, le professeur Olivier Saint-Jean, chef de service de gériatrie à l'hôpital européen Georges-Pompidou se montre ainsi "sceptique sur l'efficacité de ces médicaments que l'on prescrit en masse à nos vieux malades", écrit Libération (page 10). Aujourd'hui, malgré les démonstrations faites par les études, près entre 60.000 et 80.000 patients se voient administrer ces traitements inutiles et de surcroît coûteux pour la collectivité.

Pourquoi cette insistance ? "Si on laisse de côté les conflits d'intérêts massifs, explique Olivier Saint-Jean, il y a aussi une posture médicale : comment annoncer le diagnostic de maladie d'Alzheimer sans dire ensuite au patient “mais je vous donne un traitement”. » A ses yeux, en attendant le produit miracle, la meilleure alternative est la "prise en charge globale", "avec les centres de séjour, les centres de mémoire, les équipes à domicile. Rien ne justifie la poursuite de la prescription de médicaments inutiles".

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Ville ou hôpital : les choix du PLFSS

Jeudi, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2016 sera présenté devant la commission des comptes de la Sécu, annonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). A cette occasion, le gouvernement devrait dévoiler les pistes à mettre en œuvre pour faire économiser 3,4 milliards d'euros à l'assurance maladie. "Une ambition sans précédent qui devrait mettre tout le monde à contribution : hôpitaux, médecins, patients, etc." Les ministères de la Santé et du Budget pourraient ainsi reprendre à leur compte une partie des propositions avancées cet été par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Par exemple, l'accélération du "virage ambulatoire", qui permettrait de réaliser 841 millions d'euros d'économies d'ici à 2017, dont 171 dès l'an prochain. La réduction des actes hospitaliers au profit d'interventions sans hospitalisations pourrait d'ores et déjà s'appliquer aux maternités, souligne le quotidien : "Les jeunes mères, par exemple, seront incitées – si leur état le permet – à quitter la maternité plus tôt qu'actuellement (78 millions d'euros d'économies attendus l'an prochain), de même que les patients opérés en orthopédie (68,7 millions d'euros)." Par ce procédé, des lits pourraient être fermés. La Cour des comptes table par exemple sur 20.000 suppressibles en chirurgie. En dépit de ces économies, le budget hospitalier de l'an prochain pourrait néanmoins augmenter de 1,65%, écrit Le Figaro de samedi 19 septembre (page 23). En effet, compte tenu du "malaise exprimé par le personnel hospitalier", le gouvernement pourrait préférer d'allouer une enveloppe plus conséquente aux hôpitaux qu'à la médecine de ville. Celle-ci serait notamment destinée à revaloriser les salaires des praticiens.

Frédéric Lavignette

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