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Agirc-Arrco : le nouveau projet du Medef

La séance de négociations qui doit se tenir aujourd’hui entre syndicats et patronat autour des retraites complémentaires Agirc et Arrco ne sera pas, comme envisagé, la dernière rencontre. Peu de chances en effet que les syndicats acceptent de valider le troisième projet concocté par le Medef pour redresser les comptes de ces deux régimes.

Comme le rappelle Le Figaro (page 24), "les deux caisses de retraite gérées par les partenaires sociaux accumulent les déficits, qu’elles absorbent en ponctionnant leurs réserves. Mais en 2018, l’Agirc n’aura plus un sou de côté. Puis, au milieu des années 2020, ce sera au tour de l’Arrco d’être à sec".

Après l’accueil réservé par les syndicats à ses précédents projets d’économies, le Medef a donc transmis une nouvelle mouture pour arrondir les angles, mais rien n’y fait, prévient Le Parisien/Aujourd’hui de dimanche (page 9), c’est une nouvelle "douche froide en vue pour les futurs retraités !"

Si le syndicat patronal "a lâché un peu de lest", indique le quotidien, il n’en démord pas de son objectif : reculer l’âge des départs à la retraite. Cette fois, il propose 65 ans, contre 67 ans dans la précédente version. L’âge légal de départ à la retraite étant fixé à 62 ans, le patronat a mis au point une technique basée sur une amputation sur trois ans des pensions versées aux retraités.

En pratique, expliquent Les Echos (page 2), les salariés qui voudront partir à la retraite à l’âge légal "se verront appliquer une décote temporaire sur le montant de leur pension, même s’ils ont suffisamment cotisé". La première année, la décote de la pension versée par le régime complémentaire serait de 30%. A l’âge de 63 ans, elle serait ramenée à 20%, puis à 10% à 64 ans. Enfin, à 65 ans, le retraité toucherait sa pension à taux plein. "Pour faire passer la pilule, le patronat propose d’exonérer d’abattements les retraités les plus modestes", rapportent Les Echos.

Avec ces abattements conçus, selon le quotidien économique, "comme un repoussoir pour les salariés qui souhaiteraient liquider leurs droits à l’âge légal", le Medef s’attend à dégager 1,8 milliard d’économies en 2020.

Mais côté syndical, l’idée ne passe pas. A la rigueur, poursuit le journal, "la CFDT, la CFTC, la CGC, voire FO, pourraient discuter d’une décote mineure, portant au maximum sur 10% de la pension complémentaire (3% de la pension totale), mais les économies seraient alors bien moindres".

D’autres mesures d’économies figurent dans le projet du Medef, comme la sous-indexation des pensions (1,5 point plus bas que l’inflation, avec un plancher à zéro), la proratisation des pensions de réversion selon la durée du mariage, voire la fusion des régimes Agirc et Arrco dès 2019, avec une mise en commun des réserves et des économies de gestion.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)