croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Actes chirurgicaux : des pratiques disparates selon les départements

Un Panorama départemental des interventions chirurgicales les plus courantes vient d'être publié par le ministère de la Santé. Destiné aux professionnels de santé comme aux usagers du système de soins, ce document illustre les écarts de pratiques chirurgicales existant entre les départements.

Pour la première fois, le ministère de la Santé publie un Atlas des "variations de pratiques médicales" sur notre territoire. Son but, souligne l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), qui a mené l'enquête, est d'"illustrer les écarts de pratiques chirurgicales existant entre les départements" et "interroger leurs causes afin de réduire celles qui ne correspondent pas aux besoins".

Publié le 24 novembre 2016, ce document, qui étudie la fréquence de dix interventions chirurgicales communes selon les secteurs, montre notamment que la fréquence d'une opération chirurgicale donnée varie "considérablement d'un département à l'autre", rapportent Les Echos.

Pour une opération de la thyroïde, par exemple, la fréquence peut varier du simple au double selon qu'on réside dans l'Indre ou le Nord. Même proportion entre l'Ariège et la Savoie, pour ce qui concerne les opérations de tumeurs bénignes de la prostate, relève Sciences et Avenir.

Pour un syndrome du canal carpien, le taux d'opération est de 66 pour 100.000 habitants à La Réunion, alors qu'il atteint 386 pour 100.000 dans la Meuse. Soit, près de six fois plus.

Autre exemple, avec l'appendicite : dans la Nièvre, le nombre des opérations est quatre fois supérieur à celui de la Martinique. Pour une prothèse du genou, l'opération est 3,5 fois plus pratiquée dans les Vosges qu'en Guyane. Quant aux césariennes, elles concernent 24,7% des accouchements en Corse, et deux fois moins dans le Jura ou en Guadeloupe.

Faute d'analyse plus précise des résultats, les auteurs de ce panorama n'expliquent pas encore les raisons de ces disparités. Elles peuvent être liées au choix des patients de se faire opérer ou non, ou à celui des chirurgiens d'opérer ou non. Dans tous les cas, signale Europe 1, "l'existence de variations entre départements pour des traitements efficaces cliniquement, comme la chirurgie de la fracture de hanche, peut être une indication de l'inégalité d'accès aux soins". Surtout, "si les taux de recours sont associés aux conditions socio-économiques".

Pour les auteurs de cette étude, "comprendre les causes de ces variations et en vérifier la justification est indispensable pour assurer la qualité, l'efficience et l'équité des soins fournis".

A lire aussi dans la presse

Fréderic Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)