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Accord sur l’automédication : des médicaments en libre-service dans les pharmacies

Dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui (page 8), la ministre de la Santé annonce que certains médicaments pourront être vendus en libre-service devant le comptoir des pharmacies dès "le deuxième trimestre de cette année". Un accord dans ce sens a été trouvé mardi dernier entre la ministre de la Santé et les professionnels concernés. "Quand un produit est vendu devant le comptoir, vous pouvez plus facilement comparer les prix", explique Roselyne Bachelot.

Quels médicaments seront concernés ? "Environ 200 spécialités, répondant aux critères de sécurité définis par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ont été identifiées. Il s’agit d’antitussifs, de médicaments ORL, dermatologiques ou de spécialités indiquées en gastro-entérologie, en ophtalmologie, mais aussi des produits de sevrage tabagique", précise la ministre. "C’est une première liste sachant qu’au total, 3.000 produits sont potentiellement éligibles", ajoute-t-elle.

Les antidouleurs seront-ils aussi accessibles en libre-service ? "Pour l’aspirine, le paracétamol, l’ibuprofène, des fiches d’information seront mises à disposition", explique la ministre. "Ce sont des produits de consommation courante, mais ils ne sont pas pour autant anodins. Ils ont des indications et des contre-indications et des effets iatrogènes", ajoute-t-elle. "Cet accès libre concernera uniquement les médicaments délivrables hors prescription" et sera "encadré par un conseil personnalisé du pharmacien" et une "signalétique bien adaptée", rassure la ministre.

L’automédication est-elle "une façon déguisée d’inciter le consommateur à ne pas passer par la case médecin ?", lui demande Aline Gérard, la journaliste du Parisien (page 8). "Cela n’a rien à voir", répond Roselyne Bachelot. Pour elle, l’objectif de la baisse de consommation de médicaments se fera "à travers d’autres démarches : le parcours de soins, la maîtrise médicalisée…". Interrogée sur la forte augmentation du prix de certains médicaments déremboursés depuis le 1er janvier, la ministre "condamne avec la plus grande fermeté ces dérapages". Elle affirme qu’elle va "rappeler sérieusement à l’ordre les laboratoires concernés".

A lire aussi dans la presse - Perquisitions dans les "labos"

Au moins une demi-douzaine de laboratoires ont fait l’objet de perquisitions hier par des inspecteurs de la Commission européenne. Ces derniers enquêtent sur les pratiques concurrentielles dans l’industrie pharmaceutique, indiquent Les Echos (page 21). Pfizer, GlaxoSmithKline, Sanofi-Aventis ou encore Wyeth et AstraZeneca et le leader mondial des génériques, Teva, sont dans le collimateur de la commission. A l’origine de cette enquête, Bruxelles a constaté que l’innovation faiblit : en effet, le nombre de nouveaux médicaments lancés chaque année sur le marché est tombé à 28 sur la période 2000-2004, contre 40 entre 1995 et 1999.

"Si des produits innovants ne sont pas fabriqués et si l’arrivée de génériques moins chers est, dans certains cas, retardée, nous devons déterminer pourquoi, et, si nécessaire, prendre des mesures", estime, dans La Tribune (page 6), Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge de la Concurrence. "Une concurrence vigoureuse est essentielle pour le public, poursuit-elle, car elle permet d’assurer l’accès aux médicaments les plus récents pour les patients, ainsi qu’un bon rapport qualité-prix pour les dépenses de santé des particuliers, les systèmes de santé privés et les régimes publics de Sécurité sociale européens."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)