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Xynthia : l’urbanisme en question

La tempête Xynthia a provoqué la mort de 51 personnes, un bilan qui reste encore provisoire. Hier matin, raconte Le Figaro (pages 2 et 10), "les sauveteurs ont été submergés par des coups de téléphone d'habitants inquiets d'être sans nouvelles de parents et de proches". Selon Libération (pages 2 à 5), "c'est le département de la Vendée qui a payé le plus gros tribut à la tempête avec 33 personnes décédées, suivi par la Charente-Maritime avec 11 morts". Les secours ont également enregistré deux autres décès en Loire-Atlantique, un autre en Haute-Garonne et un dans l'Yonne.

Si la Vendée et la Charente-Maritime sont les départements les plus atteints, expliquent les pouvoirs publics, c'est en raison d'une urbanisation incontrôlée du littoral. En effet, à trop vouloir construire à proximité de la mer, on a multiplié les risques d'inondation. Il existe pourtant, depuis 1995, des plans de prévention des risques naturels, indique Le Figaro.

Ces derniers interdisent les constructions dans les secteurs les plus dangereux. Cependant, les communes sont libres d'en autoriser dans des secteurs moins exposés. De plus, "ces plans ne prévoient pas la destruction des constructions datant d'avant 1995", observe le quotidien.

Face à cette situation, le chef de l'Etat, en déplacement dans les régions sinistrées, a annoncé le lancement d'une réflexion "sur le plan de l'urbanisme pour qu'une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus", rapportent Les Echos (pages 2 et 3). Des mesures en faveur de l'entretien des digues seront également à l'étude. Nicolas Sarkozy a aussi annoncé "le déblocage d'urgence de 3 millions d'euros afin que les victimes puissent faire face aux dépenses immédiates", poursuit le quotidien économique.

L'arrêté de catastrophe naturelle a été publié ce matin au Journal officiel. En outre, "pour qu'aucune famille ou aucun professionnel ne soit laissé seul dans les discussions avec les assurances", un médiateur devrait être désigné, an­nonce La Croix (pages 2 et 3). De leur côté, observe La Tribune (page 24), "les assureurs vont devoir faire preuve de souplesse et de réactivité". De son côté le Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema) a annoncé hier la "mobilisation" de ses membres afin de "simplifier et accélérer les procédures d'indemnisation". Par exemple, il ne sera pas demandé d'attestation de vitesse du vent aux sociétaires et les sinistres pourront être déclarés par tous moyens, même téléphoniques.

Retour sur la pandémie de grippe A
C'est avec prudence que le directeur général de la Santé revient sur la gestion de la pandémie du virus H1N1. Dans un long entretien à Libération (pages 10 et 11), Didier Houssin reconnaît un certain nombre d'erreurs dans la gestion de cette crise sans toutefois l'assimiler à un échec.

"Quitte à vous surprendre, déclare-t-il, j'arrive à la conclusion que notre action a été couronnée de succès. Par rapport à ce que l'on pouvait craindre, il n'y a eu à ce stade, qu'environ 300 décès en France, même si c'est déjà trop." Néanmoins, Didier Houssin admet qu'on puisse "avoir un sentiment mitigé". En témoignent notamment les enquêtes parlementaires chargées d'identifier les lacunes de la campagne de vaccination.

Les autorités sanitaires ont essayé d'agir en deux temps, raconte-t-il. En premier lieu, à partir du mois de mai, il a fallu "retarder au maximum l'avancée de l'épidémie". Pour cela, des mesures "barrières" ont été prises au nombre desquelles figuraient les fermetures de classes et l'acquisition d'antiviraux. La première vague pandémique étant survenue tardivement en France, il lui paraît donc "hasardeux d'affirmer que ces mesures ont été inefficaces", affirme-t-il.

La deuxième phase a été la campagne de vaccination. Si seulement 6 millions de Français se sont fait immuniser, Didier Houssin signale que "dans la plupart des pays la couverture a été plutôt basse". Interrogé sur les réticences de certains professionnels de santé, cet expert estime qu'il faut ouvrir une réflexion sur la façon de "proposer en confiance des mesures de santé publique".

De toute cette expérience, "il y a des leçons à tirer", reconnaît-il. En particulier sur "la question des médecins généralistes, de l'organisation des soins primaires". "Je ne suis pas sûr que si c'était à refaire, nous referions les choses très différemment", avoue-t-il.
Frédéric Lavignette