Unité syndicale

De nouvelles perturbations sont à prévoir le 19 mars. C’est en effet ce jour qu’ont choisi les huit organisations syndicales pour manifester afin de réclamer l’augmentation du Smic, modifier la politique d’emploi dans la Fonction publique et revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires, annonce Le Figaro (page 20).

Réunis hier en intersyndicale, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la CGT, FO, la FSU, Solidaires (Sud) et l’Unsa estiment qu’une nouvelle démonstration de force est nécessaire. Déjà, "la forte mobilisation du 29 janvier a conduit le président de la République à annoncer une légère inflexion sociale à son plan de relance, en réponse à une partie des revendications avancées par les organisations syndicales", ont-ils fait valoir. Cependant, les réponses du chef de l’Etat restent encore trop "parcellaires", indiquent-ils.

C’est donc "par cette mobilisation que nous obtiendrons de nouvelles mesures pour sortir de la crise, pour les salaires, pour créer des emplois dans le pays", espère Maryse Dumas, de la CGT, dans L’Humanité (page 4). "Il n’y a pas de lassitude des salariés", considère la vice-présidente de la CFTC, Gabrielle Simon, dans La Tribune (page 4). En effet, d’après ce quotidien, les syndicats ont une grande confiance "dans leur capacité à réunir autant de manifestants qu’il y a un mois".

Pour l’heure, considèrent Les Echos (page 4), "l’unité syndicale est aussi nourrie par la position, inflexible jusqu’ici, du patronat". Les syndicats dénoncent "son attitude dogmatique et son refus d’assumer ses responsabilités", quant au partage des profits. Outre son côté "provocateur" souligné par l’Unsa et la CFTC, le Medef est également stigmatisé par la CFDT, qui juge "rabougrie" sa vision de l’économie. Pour cette organisation, "Laurence Parisot tient le même discours qu’il y a quelques années, comme si la crise n’existait pas".

Avec de tels jugements, on comprend donc que la présidente du Medef soit "sur la défensive". Cependant, note La Tribune, Laurence Parisot l’est également "à l’encontre d’un gouvernement qu’elle a pourtant longtemps soutenu". Les différentes mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ne semblent pas du tout la satisfaire. En effet, lorsque le président de la République promet une prime de 500 euros pour les chômeurs ayant cotisé de deux à quatre mois, elle rétorque : "On donne le sentiment de traiter les jeunes comme des chasseurs de prime."

Quand "l’exécutif suggère que les comités d’entreprise puissent donner un avis consultatif lorsqu’une entreprise reçoit des aides publiques", ajoute encore le quotidien, elle réplique : "C’est vraiment beaucoup, beaucoup de bureaucratie en plus." Mais qu’on ne s’y trompe pas, estime La Tribune : "En poussant des cris d’orfraie, Laurence Parisot rend service au gouvernement qui n’a guère envie, en ces temps de crise sociale, d’apparaître trop proche du patronat."

Guadeloupe : 200 euros ou rien
Les négociations entre l’Etat, le patronat et le Collectif contre l’exploitation (LKP), à l’initiative du mouvement de grève qui touche la Guadeloupe depuis 33 jours, ont repris hier, après un week-end de calme. Même si la revendication d’une hausse de 200 euros pour les bas salaires reste d’actualité pour le collectif, "le LKP a prêté un écho favorable à une nouvelle offre, susceptible de satisfaire sa revendication", indiquent Les Echos (page 5).

D’après le quotidien, "il s’agirait pour le patronat de faire, dans un premier temps, un effort de 50 euros, abondé du même montant par les collectivités locales. Le solde, à savoir 100 euros, serait financé par l’exonération de la CSG et de la CRDS, donc par l’Etat". Toutefois, le LKP conditionne toujours la fin du mouvement à l’augmentation de 200 euros nets. De son côté, rapporte La Tribune (page 5), le Premier ministre estime qu’"il n’y aurait pas de miracle" quant à un accord rapide entre patronat et syndicat…

Frédéric Lavignette