Une loi sur la dépendance en 2014

La réforme de la dépendance, promise par François Hollande, aura bien lieu, mais elle ne devrait pas s'appliquer avant 2014. En attendant la future loi, Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie présentera ce matin les premières pistes pour "l'adaptation de la société au vieillissement". Elle confiera notamment une mission sur l'adaptation des logements à Luc Broussy, conseiller général du Val-d'Oise et spécialiste du grand âge, précise Le Figaro-économie (page 19).

Le projet de réforme devrait reposer sur trois volets, baptisés "les trois A" par la ministre : anticipation, adaptation et accompagnement, selon La Croix (page 9).

Concernant le premier volet, le gouvernement devrait réunir, le 8 octobre, le comité de coordination de la politique de prévention de la perte d'autonomie. Son président, le gériatre Jean-Pierre Aquino, devra remettre son rapport à la fin de l'année. Le double objectif consiste à mieux prévenir et mieux dépister la perte d'autonomie. Pour cela, il faut former les médecins à déceler les personnes fragiles et à leur proposer une activité physique adaptée, précise Le Figaro-économie.

Le deuxième volet de la réforme consistera à trouver les moyens d'adapter non seulement les logements, l'aménagement urbain et les transports, mais aussi de développer de nouveaux services, indique La Croix. L'objectif étant de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Un souhait exprimé par les intéressés eux-mêmes, mais aussi une nécessité économique pour réduire les séjours à l'hôpital.

Enfin, le troisième volet, le plus difficile à mettre en œuvre, est celui du financement de la prise en charge de la dépendance. Les pistes d'une assurance obligatoire ou du recours sur succession ayant été écartées par le gouvernement, il faudra trouver d'autres sources de financement. L'hypothèse de créer une nouvelle journée de solidarité ou d'étendre celle existante aux retraités ou aux indépendants, n'est pas exclue, selon La Croix. Tout comme celle d'augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) ou d'aligner le taux appliqué aux retraités (6,6%) sur celui des actifs (7,5%). Pour l'instant le gouvernement ne privilégie aucune piste.

Explosion d'AZF : condamnation
Onze ans après l'explosion d'AZF, qui avait fait 31 morts et 2.500 blessés, la cour d'appel de Toulouse a condamné pour homicides involontaires l'ancien directeur de l'usine à trois ans de prison, dont un ferme. Grande-Paroisse, filiale de Total et propriétaire de l'usine est pour sa part condamnée à 225.000 euros d'amende. Les juges ont estimé qu'il est "indiscutable" que la "piste chimique" (le mélange de chlore et de nitrate) a provoqué la catastrophe du 21 septembre 2001, souligne Libération (page 15). Pour eux, Serge Biechlin a fait preuve de "maladresses, inattentions, négligences ou manquements graves" à ses "obligations de sécurité ou de prudence", rapporte Libération. L'ex-directeur Serge Biechlin, et Grande-Paroisse ont annoncé qu'ils allaient former un pourvoi en cassation.

Cette condamnation est saluée par la plupart des associations de victimes. C'est "une grande victoire" pour Gérard Ratier, président de l'Association des familles endeuillées (AFE), qui a perdu un fils dans l'explosion (L'Humanité, page 14). "Cela permet au moins d'évacuer de l'esprit du grand public toutes les thèses farfelues, déclare-t-il dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 15). Si la manifestation de la vérité a été aussi longue, c'est parce que Total s'est épuisé à camoufler la vérité."
John Sutton