Une « Sécu » de moins en moins collective

Notre système de santé inspire désormais un sentiment regrettable : "celui d'une solidarité en recul". Dans son éditorial, Le Monde (page 2) déplore en effet qu'à force de recevoir des "coups de canif dans le contrat élaboré en 1945" notre Sécurité sociale "tourne peu à peu le dos à l'idéal d'un accès de tous les soins de qualité". Il faut dire que les résultats du baromètre réalisé par le CSA et le Livre blanc sur l'avenir de l'assurance maladie que publie le cabinet de conseil Jalma confirment ce sentiment. "Entre 2001 et 2009, indique le quotidien, les coûts directs de santé dans le budget des ménages, hors cotisations sociales à l'assurance maladie, ont augmenté de 40% à 50% en moyenne."

Si l'on additionne les frais qu'occasionnent les cotisations à une complémentaire santé et le reste à charge des patients, on constate qu'en moyenne, ils consacrent 5,4% de leur revenu disponible au financement de leurs soins. Ce poids croissant des dépenses de santé s'explique également par une généralisation des dépassements d'honoraires mais aussi par "une accumulation de petites mesures d'économies, dont, isolément, l'impact paraît faible : déremboursement de médicaments, forfaits de 1 euro par consultation médicale, hausses successives du forfait hospitalier, franchises sur les médicaments et les actes chirurgicaux".

Déjà très sollicités, "les Français sont-ils prêts à payer davantage et sous quelle forme", se demande La Tribune (page 20). Selon le baromètre CSA, 30% d'entre eux préfèrent "le déremboursement de certaines dépenses pour les transférer aux mutuelles" plutôt qu'une augmentation des impôts. Ils sont en effet 18% à évoquer une hausse de la CSG pour combler le trou de la "Sécu". Interrogés sur les causes de ce déficit, 62% des sondés pensent qu'il est avant tout dû à "une mauvaise organisation du système" tandis que seuls 31% évoquent un manque de moyens financiers.

Et, lorsqu'on leur signale que le prix de leur complémentaire santé a "pratiquement doublé depuis 2000", 47% d'entre eux estiment que cette hausse est justifiée, rapporte La Tribune. D'ailleurs, 65% personnes interrogées considèrent que le montant de leur cotisation est "raisonnable"

Quoi qu'il en soit, indique Le Monde, "petit à petit, la part des dépenses de santé remboursée par la Sécurité sociale recule", passant en 2008 sous le seuil des 76%.

Grippe A : inquiétudes en hausse
Alors que la campagne de vaccination contre la grippe A débute aujourd'hui pour les collégiens et les lycéens, les centres de vaccination sont "sous pression", annoncent Les Echos (pages 1 et 3). En effet, depuis son lancement le 12 novembre, la fréquentation des centres de vaccination a presque triplé. Rien d'étonnant à cela puisque l'inquiétude grandit dans la population. Selon le dernier bilan de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), que cite Le Parisien/Aujourd'hui (page 13), "60 nouveaux cas graves" viennent d'être signalés. Depuis le début de l'épidémie, 305 personnes ont donc été hospitalisées : 101 sont encore en réanimation ou en soins intensifs et 57 cas de décès ont été enregistrés.
Un nouveau motif d'inquiétude vient de surgir, en provenance du Canada cette fois, "l'un des pays les plus avancés au monde dans cette vaccination". Comme l'indique Le Figaro (page 13) : 36 réactions allergiques "graves" ont été constatées après l'injection d'un lot produit par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK).

Hôpital : pas de baisse de charges pour le privé non lucratif
Quatre amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 ont été déposés hier par le gouvernement en vue d'un vote bloqué, annoncent Les Echos (page 2). L'un d'eux vise à supprimer les allégements de charges des hôpitaux privés à but non lucratif précédemment votés par les parlementaires. Depuis plusieurs années, la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne (Fehap) s'est pourtant battue pour réduire l'écart de charges sociales et fiscales qui existe entre ses établissements et les hôpitaux publics.

Frédéric Lavignette