Un PLFSS adopté sous la tension

Sans surprise, le Sénat a définitivement adopté hier le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010, après le vote mercredi de l’Assemblée nationale. "Ce texte restera dans les annales", estime La Tribune (page 5). Non seulement en raison du déficit record qu’il prévoit (30,6 milliards d’euros), mais aussi parce que son adoption ne s’est pas faite sans mal.

Comme le rappelle le quotidien, la ministre de Santé, Roselyne Bachelot, "a fait voter in extremis plusieurs amendements annulant des dispositions introduites par les sénateurs". Cette intervention de dernière minute n’étonne pas Alain Vasselle (UMP), rapporteur du PLFSS au Sénat. Pour lui, elle "illustre assez bien les incompréhensions entre le gouvernement et le Parlement", explique-t-il dans Les Echos (page 4).

Au final, estime L’Humanité (page 6), ce budget 2010 de la Sécu est "dans la droite ligne des nombreuses mesures qui ont provoqué une augmentation de 40 à 50% en moyenne, depuis 2001, des coûts directs de la santé pour le budget de ménages".

Selon La Tribune, la ministre de la Santé a surtout "voulu contenir les dépenses supplémentaires pour l’assurance maladie". Par exemple, les sénateurs et les députés aspiraient à étendre aux médecins libéraux le bénéfice de l’assurance de responsabilité civile des gynécologues et obstétriciens. Roselyne Bachelot s’y est opposé.

Autre aspect écarté par le gouvernement : les allégements de charges en faveur des établissements d’hospitalisation privés à but non lucratif. L’objectif de ces allégements visait à "compenser les obligations fiscales et sociales spécifiques imposées à ces établissements", explique La Tribune. Une mesure évaluée à 200 millions d’euros. La ministre de la Santé a préféré y renoncer au prétexte qu’elle était trop coûteuse. Selon le journal économique, "l’insistance des cliniques privées hostiles à ces allégements dont elles n’auraient pas profité, n’est peut-être pas étrangère à la position du gouvernement".

Le palmarès des hôpitaux et des cliniques
Pour son classement 2010 des meilleurs hôpitaux et cliniques, le Nouvel Observateur (pages 75 à 106), a passé au crible 1.600 établissements en tenant compte de plusieurs indicateurs parmi lesquels le volume d’activité, la notoriété ou encore la durée moyenne de séjour. L’Institut Mutualiste Montsouris (Paris) occupe la 20e place du tableau d’honneur pour le traitement du cancer de la prostate. Pour la chirurgie du cancer colorectal, la clinique Jules Verne (Nantes) se place à la 26e position.

En matière de chirurgie des artères carotides, c’est la clinique mutualiste de la Porte de l’Orient (Lorient) qui s’installe dans le classement en occupant la 35e position. L’établissement La Sagesse (Rennes) est à la 40e place pour la chirurgie de la thyroïde.

La grippe A s’est installée
"L’épidémie est là", prévient Le Figaro (page 13). La ministre de la Santé a en effet reconnu hier que "nous faisons clairement face à la première vague de pandémie". La semaine dernière, le nombre de consultations médicales pour infections respiratoires aiguës (IRA) dues à la grippe s’est élevé à 730.000 chez les généralistes et les pédiatres, ce qui représente un bond de 72% en une semaine !

Comme l’indique La Croix (page 7), sur cette même période, 43 nouveaux cas ont été enregistrés par l’Institut national de veille sanitaire (IVS). Lundi dernier, une fillette de 9 ans est d’ailleurs décédée à Grasse (Alpes-Maritimes) du virus H1N1. Depuis le début de l’épidémie, 68 décès ont été enregistrés dont 6 chez des personnes sans facteurs de risque connus.

En dépit de ces chiffres inquiétants, la campagne de vaccination ouverte depuis le 25 novembre dans les collèges et les lycées "fait peu recette", constate Le Monde (page 4). Dans les centres ouverts à la population, relève L’Humanité (pages 2 et 3), c’est au contraire "le grand cafouillage" tant l’affluence est importante.

Frédéric Lavignette