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UFC-Que choisir dénonce le prix de l’optique et prône les réseaux de soins

La France est le pays d'Europe où les lunettes sont les plus chères, révèle une enquête publiée par l'Union fédérale des consommateurs (UFC), dans son magazine Que choisir (mai). Les lunettes sont la deuxième cause de renoncement aux soins, déplore cette association qui dénonce les "dérapages tarifaires" des opticiens, s'assurant des marges "exorbitantes".

Selon l'UFC, "un équipement [verres et montures NDLR] est vendu en moyenne 393 euros hors taxes (soit 470 euros TTC), 3,3 fois son prix d'achat par l'opticien !" "Il dégage donc une marge brute de 275 euros, soit un taux de 233%", qui "atteint même 317%", en moyenne sur les verres !

Signe que ce marché est rentable, le nombre de points de vente a augmenté de 47% depuis 2000, alors que les besoins de la population n'ont progressé que de 13% sur la même période, souligne Le Monde (page 11). Cette "multiplication injustifiée" générerait un surcoût de 510 millions d'euros par an pour les consommateurs, soit 54 euros par paire vendue. "Cette explosion [des points de vente] ne correspond pas à une logique de santé publique, et ne peut s'expliquer que par la rentabilité élevée de l'activité de distribution de lunettes", estime Que choisir.

"Ces prix excessifs ont pu se développer en l'absence de régulation publique, et grâce à une complexité des produits d'optique et à une opacité tarifaire qui empêchent le consommateur seul de faire réellement jouer la concurrence", af­firme l'association, citée dans Les Echos (page 30). D'où la nécessité, pour elle, de développer les réseaux de soins dans lesquels les complémentaires négocient des accords avec les professionnels de santé afin de faire bénéficier à leurs assurés de meilleures conditions tarifaires, rapportent Les Echos et Le Monde.

L'UFC-Que Choisir a même demandé au Sénat d'inscrire à son ordre du jour la proposition de loi, adoptée en novembre dernier par les députés, qui donnera une assise législative aux réseaux de soins mutualistes, notent Les Echos. Une évolution indispensable, a expliqué en substance ce matin, Alain Bazot, président cette association, au micro de RMC dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin.

"Aujourd'hui, les mutuelles financent en grande partie les lunettes […] et grâce aux réseaux mutualistes nos prix sont inférieurs de 30 à 40% à ceux du marché", a rappelé hier le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dans le journal de 19 heures de France Inter. Pour Alain Ferrand, député socialiste du Finistère et ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne, les réseaux permettent de "réduire de 60% le reste à charge" des assurés, comme il l'explique dans l'émission "Etat de santé", réalisée avec la MGEN et diffusée sur LCP.

Pour le patron du réseau Alain Afflelou, ce sont plutôt les complémentaires santé qui "poussent à la consommation" de lunettes plus chères, rapporte Le Figaro-économie (page 23). Une affirmation récusée par la Mutualité Française : "C'est exactement l'inverse ! Ce sont les opticiens qui disent ”combien vous rembourse votre mutuelle ?” et qui vont au maximum", notent La Croix (page 12) et Le Figaro-économie.

ANI : vote définitif au Sénat le 14 mai
L'examen du projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, issu de l'accord national interprofessionnel (ANI), touche à sa fin avec l'adoption, hier, par la commission mixte paritaire d'un texte de consensus. Mais il faudra attendre le 14 mai pour qu'il soit définitivement voté, à la suite de la fronde des sénateurs du Front de gauche, écologistes et UMP qui protestaient contre le recours au vote bloqué utilisé par le gouvernement lors de la discussion au Sénat, indiquent Les Echos (page 4).

Le projet de loi, adopté le week-end dernier par les sénateurs, est revenu sur deux points forts du texte : la création d'une base de données économiques et sociales pour les élus du personnel, et surtout sur les clauses de désignation, qui confient aux branches professionnelles le soin de choisir un organisme assureur unique pour la généralisation de la complémentaire santé en entreprise, rappelle le quotidien économique. Le vote définitif du projet de loi, le 14 mai, ne signera pas forcément la fin du feuilleton législatif, soulignent Les Echos. Une saisine du Conseil constitutionnel, à la demande de l'UMP, n'est pas à exclure…

John Sutton