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Sommet social : discorde entre partenaires sociaux et Nicolas Sarkozy

Signe supplémentaire d'un climat économique dégradé, le "sommet social" qu'organise aujourd'hui Nicolas Sarkozy à l'Elysée, tend peu à peu à être rebaptisé "sommet de crise". En effet, note La Tribune (page 4), "alors que la crise sévit toujours en France avec son cortège de plans de licenciements et à moins de 100 jours de la présidentielle, l'exécutif va devoir convaincre les Français". Mais avant eux, il doit convaincre les partenaires sociaux, ce qui n'est pas gagné au vu des thèmes qui seront abordés au cours de la journée.

Au programme du sommet figurent avec certitude : le chômage partiel, la formation des chômeurs, la question du financement de la protection sociale, et notamment la TVA sociale, les accords "compétitivité-emploi" et la taxe Tobin. Mais d'autres sujets pourraient être abordés, évoque La Tribune, en particulier la "hausse de l'offre de logements".

"Les organisations syndicales sont conviées pour être entendues, certainement pas pour être associées", indique Libération (pages 2 à 6). Et de remarquer qu'à trois mois de l'élection présiden­tielle, "l'heure n'est plus à la démocratie sociale". Néanmoins, observe La Tribune, "un consensus semble se dessiner" sur le chômage partiel et la formation des demandeurs d'emploi.

Pour toute entreprise souhaitant recourir au chômage partiel, le chef de l'Etat semble notamment vouloir réduire de 20 à 10 jours la réponse de l'administration. Il encourage également la formation des salariés pendant cette période et plaide pour une "unification des trois dispositifs de chômage partiel actuellement en vigueur". Pour ce qui est de la formation des chômeurs, il promet des moyens supplémentaires pour Pôle emploi et semble vouloir "mettre l'accent sur les plus éloignés de l'emploi".

Au chapitre des "dossiers qui fâchent" les partenaires sociaux, souligne Le Figaro (page 21), il y a la TVA sociale et l'accord compétitivité emploi. "Il s'agit de ré­formes structurelles visant à améliorer la compétitivité des entreprises face à la concurrence internationale", explique le quotidien. Cette TVA sociale a "très mauvaise réputation dans l'opinion" et auprès des syndicats, note, de son côté, Libération. En effet, elle apparaît comme un cadeau fait aux entreprises et an­nonce une baisse du pouvoir d'achat pour les Français.

Pour la CFDT, indique La Tribune, cette TVA sociale n'est rien d'autre qu'un "nouveau plan de rigueur". Son secrétaire général, François Chérèque, pré­fère une augmentation de la CSG car, "pour les salariés, c'est neutre".

Concernant l'accord de "compétitivité emploi", relève Le Figaro, la situation est "plus problématique", car ce texte envisage d'autoriser les entreprises à imposer à leurs salariés des modulations de salaire ou du temps de travail. Alors que le patronat se réjouit d'une telle perspective, les syndicats s'en indignent "craignant un marché de dupes". Un sentiment que confirme nettement L'Humanité (pages 2 à 4) pour qui ce sommet est une déclaration de "guerre au social".

Le système de santé fortement critiqué
Le système de santé n'a plus la cote auprès des Français. En effet, selon un sondage réalisé pour le cabinet Deloitte, ils ne sont plus que 51% à le juger encore satisfaisant, bien que 73% d'entre eux soient encore convaincus de disposer de l'un des meilleurs systèmes de la planète.

L'un des premiers reproches concerne "l'efficacité des services", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). Pour quatre Français sur dix, celle-ci s'est détériorée et ce sentiment est même partagé par les jeunes à 25%.

La santé est également devenue trop coûteuse, indique ce sondage. "La moitié des ménages affirment que leur budget a été impacté en 2011 par la crise et par les diverses mesures d'économies prises pour réduire le déficit de la Sécu." Pour quatre ménages sur dix, cette hausse est évaluée à plus de 10%.

Près de 55% de nos concitoyens considèrent également qu'il y a trop de gaspillage et que les coûts pourraient être réduits. Deux Français sur trois jugent que 30% des sommes consacrées à notre santé sont gaspillées, en partie à cause de "l'irresponsabilité indivi­duelle", c'est-à-dire les excès de médicaments, les arrêts maladie ou les comportements à risque.

Par ailleurs, les ménages déplorent "l'allongement des délais pour consulter un médecin de ville ou se faire soigner à l'hôpital. Et beaucoup estiment n'être plus considérés que comme consommateurs et non patients". Enfin, seul un Français sur trois défend encore "le système de mutualisation des coûts de la santé", relève Le Pari­sien/ Aujourd'hui. Le principe qui est à l'origine de la création de la Sécurité sociale est en effet remis en cause pour sept sondés sur dix qui se disent favorables à une couverture individualisée de leur contrat.
Frédéric Lavignette