Soins psychiatriques sous contrainte

La loi de 1990 sur l’hospitalisation sans consentement est en passe d’être réformée en profondeur. Un avant-projet de loi relatif "aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques" fait l’objet d’une concertation entre le ministère de la Santé, les syndicats de psychiatres, les patients et leurs familles. A terme, cette réflexion pourrait "obliger une personne atteinte de troubles psychiatriques à se soigner en dehors de l’enceinte de l’hôpital", prévient Le Monde (page 10). Jusque-là cantonnés à l’hôpital, les soins sous contraintes seraient donc élargis à la ville.

L’origine de cette volonté de réforme remonte à 2008. En cette fin d’année, "après le drame de Grenoble, où un malade ayant fugué de l’hôpital avait poignardé un étudiant", le président de la République demande une modification des règles d’hospitalisation "dans un sens plus sécuritaire", rappelle le quotidien.

"Concrètement, poursuit Le Monde, le texte prévoit la mise en place, à l’arrivée d’un malade à l’hôpital, d’une période d’observation de son état de 72 heures maximum." Il sera alors décidé s’il peut rentrer chez lui, s’il sort mais avec une obligation de se soigner ou s’il reste hospitalisé sous le régime de l’hospitalisation libre ou sans consentement. "En cas de sortie sous contrainte, un calendrier sera fixé avec l’hôpital pour que le malade y soit régulièrement suivi par un psychiatre."

L’avant-projet de loi envisage une réhospitalisation du malade en cas de non-respect des visites. Il prévoit également de faciliter la prise en charge sans consentement d’un malade par le seul corps médical, sans l’accord d’un tiers. Cet aspect du texte semble d’ailleurs séduire "car parfois aucun proche du malade ne voulait signer l’autorisation d’hospitalisation sous contrainte, de peur de se le voir reprocher", précise le journal.

Les représentants des familles et des malades estiment que le texte comporte "des avancées indéniables". Le délai de 72 heures d’observation leur semble, par exemple, être une garantie contre les internements abusifs. Tout comme le renforcement du rôle du juge judiciaire, qui pourra être saisi pour ordonner la levée de la contrainte. En revanche, ils s’interrogent sur les modalités de retour à l’hôpital et sur la répartition des rôles de chacun des acteurs (soignants, pompiers, ambulanciers, policiers).

De leur côté, de nombreux psychiatres désapprouvent le texte, redoutant un élargissement du soin contraint. Au ministère de la Santé, on se veut rassurant, prétextant qu’"il n’y aura pas d’augmentation du nombre de prise en charge sans consentement", indique Le Monde. Certains praticiens redoutent que le manque de moyens nuise au suivi des malades. En effet, selon le président du Syndicat des psychiatres, Angelo Poli, "dans les dix ans à venir, 30% des psychiatres vont partir à la retraite".

La bonne santé des laboratoires
Le marché des médicaments est actuellement en pleine forme et cela devrait durer ! Par exemple, rapportent Les Echos.fr, Novartis "a plus que quintuplé les ventes de sa division vaccins et diagnostics au premier trimestre", augmentant ainsi son bénéfice de 49%. Ce succès, le laboratoire suisse le doit surtout à la fourniture de vaccins et d’adjuvants contre la pandémie de grippe A, dont les ventes ont augmenté de 25%, à 12,1 milliards d’euros. Dans cet élan, Novartis a confirmé qu’"il entendait finaliser au deuxième semestre le rachat de 52% du spécialiste de l’ophtalmologie Alcon", indique le site du journal. De la sorte, il en contrôlera 77%.

Mais c’est l’ensemble du marché pharmaceutique qui connaît une progression. Toujours selon Les Echos.fr, celui-ci devrait gagner de 5 à 8% par an jusqu’en 2014. Cependant, cette croissance aurait pu être bien plus élevée. En effet, d’après le cabinet IMS Health, "ce taux de croissance moyen annuel de 5% à 8% reflète l’impact de la perte de brevets protégeant des produits importants dans les marchés développés, ainsi qu’une forte croissance en général dans les pays émergents".

Pour les années à venir, ce sont surtout les domaines de l’oncologie, du diabète, de la sclérose en plaques et du VIH qui devraient connaître une croissance plus forte que les autres, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux médicaments sur le marché. Selon toute vraisemblance, la Chine deviendra le troisième marché pharmaceutique en 2011, derrière les Etats-Unis et le Japon.

Frédéric Lavignette