croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Sécurité sociale : nouveau record historique

Au lendemain de l’annonce des prévisions de déficit de la Sécurité sociale pour 2010, certains journaux semblent partagés entre un relatif soulagement et une forte inquiétude. Même si le déficit prévisionnel du régime général devrait avoisiner les 26,8 milliards d’euros en 2010, Le Figaro (page 25) relève que "c’est 3,7 milliards de moins que le montant voté à l’automne". Mais "faut-il s’en réjouir" pour autant, s’interroge le journal, puisqu’"un tel déficit n’a jamais été constaté dans l’histoire de la Sécu".

Comme l’explique La Croix (page 10), "ces dérapages sont liés pour les deux-tiers à la crise qui a entraîné un effondrement des recettes. Moins d’activité économique signifie en effet moins de cotisations sociales. La masse salariale du privé, principale manne de la Sécu, a ainsi affiché une baisse de 1,3 % en 2009, du jamais-vu depuis l’après-guerre". A elle seule, la branche maladie affiche un "trou" de 13,1 milliards, tandis que celui de la branche vieillesse atteindrait 9,3 milliards et celui des accidents du travail et maladies professionnelles serait déficitaire de 0,6 milliard.

"En commentant ces chiffres, le gouvernement a mis l’accent sur la maîtrise des dépenses de santé", signale La Tribune (page 5). Ce quotidien économique rappelle que le comité d’alerte n’a pas lancé de procédure. Le gouvernement estime de surcroît pouvoir réaliser une économie de 600 millions sur les dépenses, en particulier en gelant certaines dotations et par des baisses de prix des médicaments. Pour ne pas se mettre à dos les laboratoires, le gouvernement "s’est bien gardé de préciser quelles spécialités étaient dans son viseur. Et surtout à quelle date cette baisse entrerait en vigueur", note La Tribune (pages 2 et 3).

Ces mesures viennent s’ajouter à la baisse du taux de remboursement des quelque 200 médicaments dont le "bénéfice thérapeutique" a été jugé insuffisant par la Haute Autorité de santé (HAS). Le passage de 35 % à 15 % de ce taux a provoqué l’agacement "des assurances et mutuelles complémentaires censées prendre en charge la différence". Pour réduire le déficit abyssal de la branche maladie, un des "sujets clés" concerne les affections longue durée (ALD). Comme l’indiquent Les Echos (page 2), les ALD représentent plus des deux tiers des dépenses et près de 90 % de leur progression.

Secteur privé à l’hôpital : rien n’a changé !
Trois ans après une première enquête, Le Parisien/aujourd’hui (pages 2 et 3) a réalisé une nouveau "testing" sur le secteur privé à l’hôpital. Conclusion : " les malades privés passent toujours devant les patients “publics“, ce qui entraîne parfois une perte de chance de survie pour ces derniers", résume ce quotidien. Au-delà du classement des professionnels de santé les mieux rémunérés établi par ce journal, ce dossier montre surtout – et c’est le plus grave – qu’il peut exister entre "quatre à sept semaines" de différence pour obtenir un rendez vous dans le service d’urologie de l’hôpital Cochin (Paris), selon que l’on est prêt à payer plus ou non.

Comme le rappelle ce quotidien, "en 2007, la Sécu et les pouvoirs publics avaient multiplié les déclarations sur la nécessité de limiter les abus de privé". Qu’en est-il aujourd’hui ? Point positif : la plupart des médecins affichent désormais leurs tarifs. Points négatifs : outre le maintien des inégalités d’accès aux soins, la transparence sur la réalité du secteur privé à l’hôpital (honoraires, nombre d’actes effectués en privé ou en public) n’est toujours pas de mise.

Frédéric Lavignette