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« Sécu » : les comptes font débat

L’analyse de la Cour des comptes au sujet de la "dramatique" situation de la Sécurité sociale n’a pas manqué de provoquer des réactions. Le ministre du Budget, Eric Woerth, a indiqué hier que l’équilibre des comptes de l’assurance maladie était, contrairement à ce qu’indique le rapport de la Cour, "un objectif très atteignable, et en peu de temps". Selon le ministre, rapporte La Tribune (page 22), l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie "devrait être dépassé de 700 à 800 millions d’euros en 2008, contre 3 milliards en 2007".

Toutefois, l’annonce faite hier par l’Acoss alimente l’inquiétude de la Cour des comptes. Selon Les Echos (page 3), cet organisme, qui centralise les recettes des Urssaf, a révélé hier que la "masse salariale du secteur privé n’avait progressé que de 0,4% au deuxième trimestre et de 4,2% sur un an. Du jamais-vu depuis l’été 2006". Conclusion : en raison de ce net ralentissement qui risque d’avoir des conséquences sur les cotisations sociales, "la Sécurité sociale va subir un brutal ralentissement de ses recettes en 2009".

De son côté, Eric Woerth est défavorable à la réduction des exonérations de cotisations patronales, poursuit ce quotidien. Cette mesure, proposée par la Cour des comptes, a provoqué une réaction hostile de l’Union professionnelle de l’artisanat (UPA), relèvent Les Echos (page 4). Selon ce syndicat, "le meilleur moyen d’équilibrer le budget de la Sécurité sociale consisterait non pas à supprimer des exonérations des charges sociales, mais à engager enfin la réforme du mode de financement de la Sécurité sociale". Par ailleurs, l’UPA se demande s’il est "normal que les salaires contribuent encore essentiellement au financement de notre protection sociale à l’exclusion des autres facteurs de production".

De son côté, la Cnam a évidemment réagi aux reproches de la Cour des comptes selon lesquels les négociations entre l’assurance maladie et les professions de santé ont été "coûteuses" entre 2005 et 2007. Pour l’assurance maladie, "la réduction continue du rythme d’évolution des dépenses de soins de ville" a été, au contraire, un facteur d’amélioration des comptes.

A ce titre, préviennent par ailleurs Les Echos, la revalorisation à 23 euros de la consultation des médecins généralistes n’est pas pour demain. Dans un entretien qu’elle accorde à l’hebdomadaire Le Généraliste, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, juge au préalable nécessaire que "les engagements pris soient respectés des deux côtés" avant d’envisager cette augmentation. Comme le rappelle le quotidien, en mars 2007, les médecins s’étaient engagés à développer la prévention et à limiter certaines de leurs prescriptions, en matière d’antibiotiques par exemple.

Asthme : vers une révision des soins
L’assurance maladie a annoncé hier qu’elle allait adresser d’ici la fin 2008 près de 280.000 courriers et questionnaires aux assurés qui suivent régulièrement un traitement contre l’asthme. En parallèle, elle rappellera aux médecins "la stratégie thérapeutique préconisée" pour ce genre de maladie, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). En effet, l’assurance maladie a constaté que "plus d’un tiers des patients régulièrement traités ne suivent pas de traitement de fond préventif par corticoïde inhalés", comme le préconisent les recommandations scientifiques.

Même si la population souffrant d’asthme semble se stabiliser autour de 3,3 millions de personnes, les remboursements de médicaments, eux, ont augmenté de 60% depuis 2000, atteignant 970 millions d’euros en 2007, précise l’assurance maladie.

Frédéric Lavignette