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Roselyne Bachelot : vaccinez-vous !

"C’était juste une caresse", plaisantait hier Pierre Carli, directeur médical du Samu de Paris, après avoir été vacciné contre la grippe A, devant une forêt de caméras conviées à l’hôpital Necker (Paris) pour le lancement de la campagne de vaccination du personnel hospitalier, observe Le Figaro (page 11). Mais le Pr Carli redevient vite grave en rappelant que six malades de la grippe A ont déjà été hospitalisés à Necker, dont un nourrisson de 11mois atteint d’une maladie cardiaque, qui est décédé. Au total, en France, une douzaine de personnes grippées, dont trois enfants, séjourneraient actuellement en réanimation.

"Quand on a choisi de soigner les autres, on sait qu’il faut se protéger", a expliqué Roselyne Bachelot. La ministre de la Santé a fait le déplacement à Necker pour encourager les soignants à se faire immuniser, relève Libération (page 10). "Nous ne mettons à disposition que des vaccins sûrs", a affirmé la ministre, entourée de spécialistes et de responsables venus défendre à ses côtés ce "geste citoyen". "On n’a pas observé pour l’instant de véritable flambée de l’épidémie", mais celle-ci "peut s’accélérer demain", a-t-elle mis en garde.

"Sur la grippe A, les experts ont perdu la bataille de la communication", titre le quotidien La Croix (page 10), qui constate que "jamais la défiance des médecins et des infirmières vis-à-vis du vaccin n’a été aussi forte".

"Dans mon service, personne ne veut se faire vacciner", assure Cathy, infirmière en pneumologie. "Ici, c’est du 50-50 entre les pro et les antivaccins, mais il y a beaucoup de doutes et d’inquiétudes", ajoute un chef de service d’un grand centre anticancéreux (La Croix). C’est donc avec force pédagogie que Roselyne Bachelot s’est efforcée de combattre les assertions des "faux experts", coupables de diffuser des "messages malfaisants", souligne ironiquement Libération. Les adjuvants seraient peu sûrs ? Faux, répond la ministre, "ils sont connus et utilisés depuis longtemps". "Rien qu’en France, plus de 200 000 personnes (47 millions dans le monde) ont été vaccinées avec un vaccin utilisant ce type d’adjuvant à base de squalène, sans qu’un risque particulier ait été détecté", a-t-elle ajouté. Le vaccin aurait été développé dans la précipitation ? Encore faux, "les essais cliniques se sont étalés sur trois ans" dans le cadre de la préparation au risque pandémique.

Sida : vers un dépistage systématique ?
Face au sida, "aller vers un dépistage de toute la population française de 15 à 70 ans". Cette recommandation surprenante figure dans un rapport inédit de la Haute Autorité de santé (HAS), dont Libération (page 9) s’est procuré une copie. La HAS estime qu’un dépistage plus systématique permettra un repérage plus précoce des cas d’infections, donc une plus grande efficacité des traitements. "Il s’agit d’un virage majeur dans la politique de prévention du sida, dicté par les résultats médiocres dans la lutte contre la maladie", commente Eric Favereau, le spécialiste du sujet de Libération.

Aujourd’hui, en France, on estime à 40.000 le nombre de personnes infectées qui ignorent leur séropositivité (sur un total d’environ 160.000). Chaque année, il y a entre 6.000 et 7.000 nouvelles contaminations, sans que rien ne change véritablement. Bref, l’épidémie n’est nullement à l’arrêt. "On ne peut pas rester inerte face à ces évolutions, estime Etienne Caniard, membre du collège de la HAS. Il ne faut certes pas instituer un dépistage systématique, mais il faut le proposer de plus en plus systématiquement."

John Sutton