Roselyne Bachelot : une grève des chirurgiens « sans motif »

La ministre de la Santé présentera mercredi son projet de loi de modernisation du système de santé. Il prévoit notamment de réformer l’organisation des hôpitaux et de créer des agences régionales de santé (ARS). Cette réforme n’est pas du goût des chirurgiens libéraux. Ils seront d’ailleurs en grève toute la semaine contre la création du secteur optionnel, qui vise à limiter les dépassements d’honoraires, souligne Le Figaro (page 12). Les chirurgiens disent craindre la disparition du secteur 2, où les honoraires sont libres.

"Cette grève a été lancée pour un motif qui n’existe pas, la fin de la liberté tarifaire des praticiens du secteur 2. Or il n’en est pas question, bien sûr", réplique Roselyne Bachelot dans une interview au Journal du dimanche (page 12). "Le projet, en cours de négociation, vise à créer un secteur optionnel pour les chirurgiens volontaires. Ils y pratiqueront 30% des actes au tarif de la Sécu et le solde avec des dépassements d’honoraires limités à 50%", explique la ministre de la Santé. "Les patients sont trop souvent confrontés à des dépassements d’honoraires, 80% des chirurgiens sont en tarifs libres, il est donc devenu difficile de se faire opérer au tarif de la Sécurité sociale dans certains endroits", poursuit-elle.

"Je suis déterminée à mettre fin aux inégalités territoriales et à offrir à tous les Français la possibilité de se faire soigner près de chez eux au tarif de la Sécu", affirme la ministre. Comme le rappelle Le Journal du dimanche, dans 70 villes, il est devenu impossible de se faire opérer de certaines pathologies à des tarifs conventionnés, faute d’hôpital public ou de chirurgiens privés en secteur 1.

Qu’est-ce qui devrait changer dans les hôpitaux ? "La réforme de la gouvernance et le nouveau statut des médecins vont améliorer rapidement l’efficacité des hôpitaux et leur capacité à attirer les praticiens. D’autres mesures, comme le regroupement des établissements, porteront leurs fruits à moyen terme", répond Roselyne Bachelot.

La ministre de la Santé affirme également qu’elle ne fermera "aucun établissement". Pour illustrer son propos, elle cite l’exemple de la maternité de Clamecy (Nièvre). Cet établissement a été remplacé par un service périnatal, qui suit deux fois plus de femmes qu’auparavant, et par une antenne d’urgence du Smur. "Au final, la restructuration rend davantage de services et a créé de l’emploi", se félicite-t-elle.

"On peut tout à fait gérer mieux tout en soignant mieux, par exemple en évitant les examens redondants", affirme aussi Roselyne Bachelot. "J’ai conditionné les aides accordées aux établissements déficitaires à la signature de contrats de retour à l’équilibre", rappelle la ministre. Elle se dit prête à aider les hôpitaux, "mais à condition qu’ils fassent eux-mêmes des efforts".

Plan européen pour rassurer les marchés
Les quinze pays de la zone euro ont adopté hier un plan d’action comprenant une garantie des crédits interbancaires, pour une période temporaire, et un recours possible à la recapitalisation des banques, indiquent Les Echos (pages 1 et 2). Aucun montant global n’a été annoncé pour ce plan, mais l’Allemagne, l’Italie et la France, présenteront cet après-midi de façon "simultanée" les détails de leurs programmes de sauvetage.

Le collectif budgétaire, présenté aujourd’hui en Conseil des ministres, devrait créer deux structures, révèle La Tribune (page 3). L’une, qui bénéficiera de la garantie de l’Etat, empruntera sur les marchés pour prêter aux banques françaises. L’autre prendra des participations au nom de l’Etat. Ces mesures devraient être adoptées par le Parlement à la fin de la semaine.

Invité hier du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le ministre du Budget n’exclut pas de "s’affranchir le cas échéant de la règle communautaire des 3% du PIB pour les déficits publics" (Le Figaro-économie page 22). En revanche, Eric Woerth écarte la possibilité de recourir à des hausses d’impôts pour combler une baisse des recettes. Par ailleurs, la tourmente des marchés n’a pas épargné les grands assureurs européens : Axa, Allianz et Prudential ont perdu 10% de leur valeur, vendredi, relève La Tribune (page 7).

John Sutton