Retraites : la mobilisation marque le pas

Pour la septième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, les défilés ont été beaucoup moins fournis, constate Le Parisien/Aujourd'hui. "Les manifestants étaient moins nombreux hier, mais le mouvement a révélé de nouvelles formes de lutte, spontanées et solidaires", souligne pour sa part Libération, qui titre sur "les surprises d'un conflit".

Syndicats et opposition appellent à nouveau Nicolas Sarkozy à "ne pas promulguer la loi". De son côté, le ministre du Travail a estimé que "le ralentissement significatif de la mobilisation" permettait d'"espérer une sortie de crise dans les jours ou les semaines qui viennent". Enfin, le Conseil constitutionnel dispose désormais d'un délai d'un mois pour statuer sur le recours déposé par le Parti socialiste, précise La Tribune (page 4).

"Ce n'est pas parce qu'une loi est promulguée, qu'elle est votée, qu'elle devient juste", rétorque François Chérèque (CFDT) dans Le Figaro-économie (page 18). "Nous continuerons à la contester et à tout faire pour qu'elle soit réformée. (...) Le gouvernement a perdu la bataille de l'opinion, qui soutient ce mouvement. Ce passage en force laissera des traces", déclare le leader de la CFDT dans un entretien au Parisien/Au­jourd'hui (page 5).

Pour Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry (Essonne), la gauche doit reprendre les négociations avec les partenaires sociaux, en ne cachant pas "la vérité" sur le non-retour généralisé aux 60 ans, déclare-t-il dans une interview à La Tribune (page 4).

Sans-papiers : bientôt sans-soins ?
De nombreuses associations du domaine de la santé se mobilisent pour dénoncer les restrictions envisagées de l'aide médicale d'Etat (AME), destinée aux étrangers en situation irrégulière ayant de faibles ressources (moins de 634 euros par mois). "Les attaques contre ce dispositif reviennent à faire passer des exigences sécuritaires avant des impératifs de santé publique", a dénoncé hier le Dr Jean-François Corty, de Médecins du monde (MDM), rapporte L'Humanité (page 10).

Dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a rejeté mercredi un amendement du député UMP Dominique Tian, visant à limiter le "panier de soins" de l'AME aux "soins urgents" mettant en cause le pronostic vital et à réduire la durée d'admission à ce dispositif à trois mois au lieu d'un an, précise Libération (page 14). Mais un nouvel amendement du gouvernement pourrait être présenté mardi, jour de l'examen du projet dans l'hémicycle, prévoit le quotidien.

Réorganiser les urgences
Le directeur général de la Mutualité Française était l'invité hier de l'émission Priorité santé sur Radio France internationale (RFI) consacrée à l'hôpital public. Evoquant les urgences, le Dr Jean-Martin Cohen Solal regrette que l'on "surcharge trop l'hôpital" : "Il n'y a qu'un petit nombre d'urgences réelles. Il faut savoir qu'à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), un recours aux urgences coûte 400 euros. C'est évidemment le prix quand il s'agit d'un infarctus du myocarde, mais c'est trop cher pour une simple angine".

« Il y a un vrai problème d'organisation des soins, dans les grandes villes en particulier", estime-t-il. Pour développer la médecine de premier recours, le directeur général de la Mutualité Française estime que la création de centres ou de maisons de santé, "tels qu'ils existent en Espagne ou en Allemagne peut être une des solutions".
John Sutton