Retraite : débat non-stop à l’Assemblée nationale

Les députés planchaient toujours ce matin, après une nuit de débats, sur le projet de réforme des retraites, qui doit être voté solennellement à 15 heures. L'Assemblée nationale pourrait siéger non-stop jusqu'à l'heure du vote. L'opposition a en effet annoncé qu'elle voulait "se battre jusqu'au bout", au nom des Français "majoritairement hostiles" à la réforme des retraites.

Un nouveau sondage, le baromètre mensuel BVA pour Les Echos (page 3), confirme l'impopularité de la réforme. Ainsi, 57% des personnes interrogées pensent que le gouvernement "doit céder" sur le report de l'âge légal de 60 à 62 ans, la mesure phare du projet de loi, contre 39% qui sont d'un avis contraire. "Les Français sont encore plus sévères sur le report de 65 à 67 de l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein", soulignent Les Echos. Ils sont 65% à estimer que le gouvernement doit céder sur ce point. "Cette mesure apparaît de plus en plus en plus comme le maillon faible de la réforme, comme celle sur laquelle l'exécutif pourrait lâcher si le climat social venait à se détériorer brutalement dans les semaines à venir", commente Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA.

Paradoxalement, 69% des Français considèrent le maintien au travail des plus de 60 ans comme un atout pour les entreprises, selon une enquête CSA/Nouveaux Débats, publiée par Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Mais seulement 17% d'entre eux pensent que les entreprises sont prêtes à faire une place aux seniors.

Cette nuit, les députés ont adopté les mesures sur la pénibilité, telles qu'elles avaient été annoncées par le chef de l'Etat mercredi en Conseil des ministres, souligne La Tribune (page 4). Les salariés justifiant d'un taux d'incapacité permanente de 10% pourront partir à la retraite à 60 ans et non à 62 ans, selon l'amendement adopté cette nuit. Mais cette mesure sera soumise à la décision d'une commission pluridisciplinaire qui devra se prononcer sur le lien de cause à effet entre l'incapacité et les conditions de travail, souligne La Tribune. En revanche, les amendements sur la création éventuelle de "préretraites pénibilité" ont été repoussés.

Cancer du sein : les bienfaits de l'activité physique
"Bougez contre le cancer du sein" : une enquête épidémiologique nationale, lancée hier par la Mutualité Française et l'Association francophone de l'après cancer du sein (Afacs), vise à déterminer si les femmes ayant souffert d'un cancer du sein se livrent à des activités physiques même modérées, et si non pourquoi. Différentes études ont montré que l'exercice physique "améliorait la qualité de la vie, diminuait la fatigue particulière du matin, dont souffrent 60% des patientes, les troubles du sommeil, ainsi que la prise de poids" liée au traitement, explique la Dre Carole Maître, gynécologue à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep), interrogée sur le site Internet destinationsante.com. L'activité physique permet aussi de "limiter le risque de récidive et la mortalité liée au cancer", précise cette gynécologue. La Dre Carole Maître était également invitée hier au Magazine de la santé, sur France 5. Pour cette spécialiste, l'activité physique est bénéfique, quelle que soit sa nature. "Elle doit évidemment être adaptée à l'état de santé de la patiente, ajoute-t-elle. On recommande souvent la marche active. Mais des expériences sont également menées de manière tout à fait intéressante avec le tai-chi ou le yoga, qui ont des effets positifs sur la fatigue." Certaines unités de lutte contre le cancer travaillent d'ailleurs en relation avec des centres sportifs pour la pratique de ces disciplines douces, indique Carole Maître.
Sabine Dreyfus et John Sutton