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Réseaux de soins : « un système gagnant-gagnant »

"Une situation ubuesque." C'est l'analyse d'UFC-Que choisir, sur son site Internet (cliquez ici), qui consacre un article aux réseaux de soins. Comme le note cette association d'usagers, contrairement aux compagnies d'assurance et aux institutions de prévoyance qui ont la possibi­lité de moduler leurs prestations selon qu'un adhérent consulte ou non, un professionnel de santé membre d'un réseau de soins, les mutuelles en sont empêchées par le Code de la Mutualité. Une proposition de loi, qui sera débattue demain à l'Assemblée nationale, vise à corriger cette distorsion. "Elle doit permettre aux mutuelles de jouer pleinement leur rôle de régulateur", estime le groupe socialiste dans l'exposé des motifs, cité par UFC-Que choisir.

Pour cette association, les réseaux constituent un "système gagnant-gagnant dans lequel les parties en présence – professionnels de santé, organismes complémentaires et assurés – trouvent leur compte". C'est également le sentiment de Laurent Levy, PDG d'Optical Center, exprimé dans acuite.fr, le portail de l'optique. "Je suis pour les réseaux et les remboursements différenciés", indique-t-il, estimant que leur développement aura un "impact positif" sur le secteur de l'optique. "L'effet volume va compenser la baisse des prix."

Comme l'indique le quotidien 20 Minutes (page 12), dans les réseaux, les tarifs sont entre 20 et 50% moins chers. "Dans 35% des cas, le reste à charge oscille entre 100 et 200 euros mais dans la majorité des cas, il tend vers zéro", précise Christian Py, président de Visaudio. Pour Yves Guénin, secrétaire général d'Optic 2000, interrogé par acuite.fr2, les réseaux "évitent le renoncement aux achats d'équipements optiques".

Suite à son examen par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, la proposition de loi a été amendée. Ainsi, une "clause de sauvegarde de la liberté de choix du patient" a été introduite dans ce texte, note UFC-Que choisir. Mais aussi, il "limite l'activité des platesformes de santé aux seuls secteurs de l'optique et du dentaire. La pratique de remboursements différenciés ne s'applique pas aux médecins", poursuit cette association. La Mutualité Française, ajoute UFC-Que choisir "demande l'adoption de la loi telle que rédigée initialement, sans amendement".

Le difficile essor des services à la personne
Pourquoi les services à la personne ne parviennent-ils pas à décoller ? Telle est la question de fond soulevée dans le cahier du Monde éco & entreprise (pages 4 et 5), alors que "depuis plus de vingt ans, les pouvoirs publics tentent de domestiquer cette économie continuellement à la marge".

Pourtant, ce secteur est largement pourvoyeur d'emplois. Si on devait comptabiliser les postes qu'il génère, explique le quotidien, leur total serait bien supérieur à celui de l'industrie, car ce "marché est infini". Et côté ri­chesse, estime l'Insee, il représenterait 600 milliards d'euros par an, soit le tiers du PIB de la France. Or, actuellement, les services à la personne représentent seulement 1,1% du PIB, contre 2% au Royaume-Uni.

Les mesures entreprises ces dernières années pour en encourager le développement semblent avoir été insuffisantes. En 2005, rappelle le quotidien, la loi dite "Borloo" a notamment essayé de mettre en place un crédit d'impôt "pour inciter les moins aisés à recourir aussi aux services à la personne". Le but était surtout de contenir le "travail au noir". Pour cela, un périmètre du secteur avait été tracé et une liste des services bénéficiant d'avantages fiscaux avait été dressée.

Dans un premier temps, de nombreux professionnels se sont engagés dans cette voie mais cette période euphorique a fait long feu. Sept ans après, seuls 50.000 emplois à temps plein ont été créés, soit 10% de l'ambition. "Les 1,8 million de travailleurs du secteur ne représentent au mieux que 500.000 équivalents temps plein", indique le journal. Et pour ce qui est des structures professionnelles qui sont passées de 5.000 en 2005 à 24.000 en 2010, elles ont, elles aussi, subi la crise, même si elles ont bénéficié un temps de la création du statut des auto-entrepreneurs.

Cette rentabilité insuffisante, ajoutée aux difficultés de gestion des ressources humaines et aux dépendances aux subventions, a donc essoufflé cet élan de professionnalisation du secteur amorcé en 2005. Et pourtant les besoins seront croissants. D'ici à dix ans, observe Le Monde, "les moins de 20 ans et les plus de 70 ans représenteront 26 millions de personnes susceptibles d'avoir recours à l'aide à domicile".

Frédéric Lavignette et Jean-Michel Molins