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Répartition des professionnels de santé : Roselyne Bachelot présente de nouvelles propositions

Jusqu’où aller pour contraindre la liberté d’installation des médecins dans les zones surmédicalisées ? C’est la question des plus sensibles à laquelle la ministre de la Santé répondra peut-être cet après midi. A l’issue des premières conclusions des Etats généraux de la santé, Roselyne Bachelot doit en effet présenter de nouvelles propositions en vue d’une meilleure répartition des professionnels de santé. L’objectif est de "garantir l’accès aux soins partout en France", titre La Tribune (page 26). Comme le note ce quotidien, "le diagnostic est en effet inquiétant : les nombreux départs à la retraite des médecins généralistes ne seront pas compensés par l’arrivée de jeunes médecins, alors que les besoins vont croissant".

Le groupe de concertation chargé de réfléchir à quelques propositions a été piloté par Annie Podeur, directrice de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, et Yvon Berland, président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé, rappelent Les Echos (page 4).

Le document de synthèse indique que "tout en privilégiant l’ensemble des mesures incitatives d’organisation et d’accompagnement", il faut "accepter la perspective de mesures de régulation respectant la solidarité intergénérationnelle et applicables à tous les médecins en zone surdotée". Seul hic : le texte ne précise pas en quoi consisterait cette régulation. Selon Les Echos, cette "régulation" pourrait concerner la non-prise en charge des cotisations des médecins de secteur 1 s’installant dans une zone surdotée et "la limitation des dépassements des médecins de secteur 2".

Pour encourager ces "besoins de santé non couverts", le groupe recommande également de "négocier un contrat individuel" avec chaque généraliste. La participation à la permanence des soins et à des réseaux de santé, une activité à temps partiel dans un secteur géographique sous-doté proche pourraient y figurer, rapporte La Tribune.

Les propositions qui visent à attirer les médecins dans des zones rurales ou périurbaines semblent "beaucoup plus consensuelles", jugent Les Echos. Les jeunes diplômés pourront disposer de facilités pour s’installer notamment en disposant de complément de ressource pendant trois à cinq ans. Un dispositif de recherche au logement, de scolarisation des enfants et d’aide à l’emploi du conjoint pourrait en outre être proposé, ajoute La Tribune. La création de maisons de santé pluridisciplinaires et l’expérimentation de nouveaux modes de rémunération sont aussi envisagées.

Toutes ces mesures, qui guideront les négociations entre l’assurance maladie et les représentants de médecins, "figureront dans le projet de loi sur la réforme du système de santé annoncé pour l’été 2008", indique La Tribune…

Bouclier sanitaire : les réserves d’Eric Woerth
Dans un entretien qu’il accorde aujourd’hui au Généraliste (pages 28 à 30), le ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, se dit "assez réservé" sur le projet de bouclier sanitaire. Suggérée par le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, afin de limiter les effets des franchises médicales sur les revenus modestes, cette idée semble avoir du mal à s’imposer.

Déjà, un rapport remis au ministère de la Santé en septembre a estimé que ce bouclier sanitaire ne pourrait pas être mis en place avant 2010 en raison de difficultés techniques. "Dans le fond, je suis assez réservé sur le concept parce que le risque existe que l’on change la logique du système", déclare pour sa part le ministre du Budget. Eric Woerth rappelle aussi que "notre société continue de prendre en charge une partie immense des traitements lourds", et que "les plus démunis bénéficient déjà de la CMU complémentaire, les plus malades du régime de l’affection de longue durée".

Sur un autre sujet, le ministre se dit opposé à une hausse de la TVA ou de la contribution sociale généralisée étant donné qu’à "chaque fois qu’on a augmenté la CSG, on n’a fait que régler le problème pour deux ou trois ans". En revanche, regrette-t-il, "les revenus salariaux qui sont exonérés de charges" représentent près de 40 milliards d’euros. Parmi ces "niches sociales" qui pourraient être assujetties au financement de la "Sécu", le ministre évoque les stock-options. Une "taxe nutritionnelle" est aussi envisagée.

Frédéric Lavignette