Réorienter les aides à la complémentaire santé

Le projet du gouvernement de supprimer pour les salariés l'exonération fiscale de la part patronale de leur cotisation à un contrat collectif obligatoire est une mesure qui "a été suggérée par le récent rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie que nous avons voté. Elle ne soulève pas de problème pour notre part", affirme le président de la Mutualité Française dans Les Echos (page 2), car "cette déductibilité ne profite qu'aux seuls salariés". Toutefois, prévient Etienne Caniard, l'enjeu "n'est pas de diminuer les aides à la complémentaire santé mais de les réorienter pour permettre l'accès à une mutuelle pour tous".

Des propos que le président de la Mutualité Française a également tenus dans la presse quotidienne régionale de samedi (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Vaucluse matin, Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire, L'Alsace, Le Pays, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, L'Est républicain, Le Républicain lorrain, Vosges matin…). Avant de s'interroger dans Les Echos : "Est-ce que le gouvernement veut en profiter pour tenir sa promesse d'une modulation de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance ?" Celle-ci est actuellement de 7 % sur les contrats solidaires et responsables, contre 9 % pour ceux qui ne répondent pas à ces critères, rappelle-t-on.

Pour les Mutuelles de France, citées dans le quotidien économique, cette volonté de l'exécutif "n'est pas suffi­sante". "Le gouvernement ne s'attaque qu'aux salariés sans pour autant remettre en cause la majorité des aides qui sont, elles, concédées aux entreprises". Comme le rappellent Les Echos, les entreprises sont "partiellement exonérées de cotisation sur leur participation au financement des contrats".

Du côté du Centre technique des institutions de prévoyance (Ctip), l'heure est à la perplexité. "L'accord national interprofessionnel du 11 janvier prévoyait pourtant que l'extension de la complémentaire santé d'entreprise se ferait à fiscalité constante. Est-ce vraiment le moment de faire baisser le pouvoir d'achat des salariés ?", questionne Jean-Louis Faure, délégué général du Ctip.
Un pouvoir d'achat qui devrait s'éroder en 2014 "Pas de pause fiscale pour les ménages", titrent en "une" Les Echos qui analysent le projet de loi de finances pour l'an prochain. "Les ménages matraqués", vitupère L'Opinion (pages 1 et 2) quand Le Parisien/Aujourd'hui, en "une", qualifie de "douloureuse" la facture des impôts 2013 et celle de l'année prochaine.

Manifestation contre la réforme des retraites
La CGT, FO, la FSU, Solidaires appellent demain à manifester "sur un mot d'ordre très large : les salaires, l'emploi et, en troisième position seulement, les retraites", résument Les Echos (page 4). "Ce ne sera pas une déferlante mais de bonnes manifs militantes", estime un syndicaliste. Sur les retraites, l'objectif "est d'améliorer le projet", explique Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT. "Nous influerons sur le débat parlementaire", annonce Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. De leur côté, la CFDT, la CFTC et la CGC n'ont pas appelé à descendre dans la rue.

Selon un sondage de L'Humanité (pages 2 et 3), 81 % des Français se disent inquiets pour leur retraite. Ainsi, 55 % d'entre eux désapprouvent l'allongement de la durée de cotisation et 57 % sont opposés à l'augmentation progressive des cotisations.
Sur ce dossier, le gouvernement "s'affiche confiant", relève Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 4). "Je reste très at­tentive à ce qui se passe et aux préoc­cupations exprimées par les syndicats et les Français. Mais j'appelle chacun à mesurer l'importance des avancées de cette réforme, notamment sur la question de la pénibilité", affirme la ministre des Affaires sociales. Le débat parlementaire débutera le 7 octobre à l'As­semblée nationale. "Ce sera long et animé", prévoit Marisol Touraine.

Jean-Michel Molins