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Réforme hospitalière : cap sur la qualité

Le constat est inquiétant. Selon la Fédération hospitalière de France (FHF), près de la moitié des hôpitaux publics ou privés disposant d’un bloc de chirurgie présentent des critères de "vulnérabilité" en terme de qualité. En cause : une activité insuffisante - source de risques médicaux et de déficits - le vieillissement des équipes médicales ou leur implantation dans une zone géographique faiblement peuplée, rapporte Le Nouvel Observateur (pages 10 à 18). Cet atlas de la FHF arrive à point nommé. Comme le souligne l’hebdomadaire, le président de la République a rappelé le 18 février, en recevant notamment la Mutualité française, son intention de remettre à plat la carte hospitalière.

Le gouvernement se veut prudent car le sujet est des plus sensibles. Les manifestations se succèdent les unes aux autres pour protester contre les fermetures annoncées. Pourtant, le problème de la qualité des soins reste entier. "Un patient court plus de risques dans un hôpital qui totalise moins de 4 000 séjours en chirurgie par an et ne dispose donc pas du meilleur plateau technique et des équipes indispensables à la médecine moderne", témoigne Claude Evin, président de la FHF. En 2006, le rapport du Pr Guy Vallancien, chef du département d’urologie et de néphrologie à l’Institut mutualiste Montsouris (Paris), avait déjà préconisé des fermetures de blocs opératoires, rapporte Le Nouvel Observateur.

Il ne faut plus faire "la politique de l’autruche", estime Claude Evin. "Pour sauver l’hôpital public, il faut donc le repenser, le réorganiser et le redistribuer sur tout le territoire", poursuit l’ancien ministre de la Santé. Plus facile à dire qu’à faire, explique Le Nouvel Observateur. Les élus locaux sont souvent victimes du syndrôme "pas dans ma cour", ironise-t-on du côté du ministère de la Santé. Pourtant, ce sont les premiers à se faire opérer dans les "grands CHU" et non pas dans leur "bourgade".

Pour autant, les défenseurs des hôpitaux de proximité "n’ont pas tout faux", souligne l’hebdomadaire. Ils mettent en avant la crainte d’un renforcement des déserts médicaux. Pour ne rien arranger, le nombre des dépassements d’honoraires "explose" dans les petites et moyennes villes, s’inquiète Le Nouvel Observateur. Le défi consistera donc à "adapter le système de santé au plus près des besoins de chaque collectivité". "La transformation d’un hôpital par la fermeture d’un service de maternité ou de chirurgie ne signifie pas sa disparition, loin de là, relève Claude Evin. Un nouveau service de soins aux personnes âgées ou l’ouverture d’un centre périnatal peut préserver, voire développer l’activité."

La commission sur l’hôpital présidée par le sénateur UMP (Yvelines) Gérard Larcher doit rendre sa copie à la mi-avril. A l’étude : le partage des personnels, la création de filières de soins, le développement de l’hospitalisation à domicile. Les futures agences régionales de santé devront, en outre, concevoir une offre de soins impliquant les hôpitaux publics, les cliniques privées et la médecine de ville. Il faudra "faire coopérer tous ces acteurs qui dépendent du financement de la Sécurité sociale", prévient Gérard Larcher...

Le décès de Chantal Sébire
Chantal Sébire a été retrouvée morte, hier, à son domicile de Plombières-lès-Dijon (Côte-d’Or). Pour l’heure, rapporte Libération (page 15), les causes de son décès restent inconnues, mais des analyses devraient révéler si cette institutrice atteinte d’une maladie incurable des sinus a été atteinte d’un "malaise", ou si elle a pris "un cocktail létal" comme elle le réclamait. Soumise à de terribles souffrances, Chantal Sébire avait demandé à la médecine de l’aider à mourir, car elle "refusait catégoriquement le suicide", rappelle Le Figaro (page 10). Sa situation a relancé le débat sur l’euthanasie, tant dans la société civile qu’au niveau politique. Hier, quelques heures avant l’annonce de sa disparition, son médecin traitant, le Dr Emmanuel Debost, avait été reçu par le président de la République, Nicolas Sarkozy. De son côté, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), le Premier ministre a confié à Jean Léonetti une mission d’évaluation de sa loi de 2005 sur la fin de vie.

Interrogé par ce quotidien, Jean Léonetti explique qu’"il nous faut trouver la moins mauvaise solution possible, qui puisse à la fois prendre en compte les cas particuliers, mais s’exprime aussi dans un cadre législatif clair". Pour lui, il est concevable d’imaginer une transgression, "à titre exceptionnel", et "à condition que l’on assume cette transgression, en en ayant conscience".

La position de l’initiateur de la loi 2005 sur la fin de vie est "globalement celle de la plupart des membres du gouvernement", indique Le Figaro. Pour la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, "ni le monde médical, ni les pouvoirs publics ne sauraient promouvoir l’euthanasie active". La garde des Sceaux, Rachida Dati, y est également opposée. En revanche, la nouvelle secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, s’est déclarée, "en faveur de l’euthanasie".

Pascal Renaudineau
et Frédéric Lavignette