Réforme des retraites : ultimes manoeuvres

"Non, tout n'est pas gravé dans le marbre", estime Le Nouvel Observateur en tête de son dossier consacré aux retraites (pages 16 à 28). Pour l'hebdomadaire, la réforme des retraites qui, le 23 septembre, "propulse de nouveau des centaines de milliers de Français dans les rues de nos villes peut encore être amendée".

A l'instar de ce journal, beaucoup d'opposants à cette réforme pensent qu'il est encore possible de faire obstacle au texte qui va être examiné par le Sénat à partir du 5 octobre. Pour la journée de grève de demain, notent Les Echos (page 4), les syndicats misent sur une mobilisation massive. Leur but, voire leur "obligation", est de faire mieux que le 7 septembre dernier en dépassant les 2,7 millions de manifestants.

"Je suis confiant", déclare dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), le secré­taire général de la CFDT. Pour François Chérèque, le courant syndical est "en train de gagner le soutien populaire" et le rapport de force s'accentue de plus en plus entre les salariés et l'exécutif.

Les ouvertures consenties ces derniers jours par le gouvernement en faveur des travailleurs en situation de handicap, des chômeurs âgés et des femmes n'apaisent visiblement pas ce leader syndical. Selon lui, "le gouvernement est en train de se rendre compte que sa réforme n'est pas bonne. Au bout d'un moment autant changer de texte plutôt que de faire du rafistolage sur tout. Les dernières ouvertures démontrent que son projet de loi n'est pas juste".

Pour les opposants à la réforme, 67 ans, "c'est la limite qui dépasse les bornes", note L'Express (pages 44 et 46). En effet, outre le report de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, la mesure qui porte à 67 ans (contre 65 actuellement) l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein est celle "qui suscite le plus de colère". Une mesure que l'exécutif n'entend pas modifier.

Face à cette position, la rue reste l'un des moyens de pression des syndicats. Mais ces derniers placent également "leurs espoirs dans les sénateurs", ajoute L'Express. La CFDT, en particulier, "multiplie les contacts, esquisse des compromis" avec certains de ces parlementaires.

D'après le secrétaire général de Force ouvrière, interrogé par Les Echos, si la mobilisation du 23 septembre est une réussite, les modalités d'actions à entreprendre par la suite sont simples : "Soit on continue à mettre l'accent sur les manifestations, soit on le met sur les arrêts de travail." Pour le moment, observe Jean-Claude Mailly, "on ne sent pas de radicalisation mais on ne peut absolument pas l'exclure. Les salariés ont parfaitement compris qu'on leur fait payer les conséquences de la crise financière et ne l'acceptent pas".

Niches fiscales : 12,5 milliards d'économies en 2012
Pour 2012, on connaît désormais le montant des économies dégagées par la suppression de certaines niches fiscales. En déplacement à Nice, rapporte Le Figaro (page 17), le Premier ministre, François Fillon, a indiqué que "ces économies, fruits des mesures qui seront votées cet automne, atteindront 10 milliards d'euros en 2011 et 12,5 milliards en 2012".

D'après La Tribune (page 6), "le saut de 2,5 milliards d'une année sur l'autre" s'explique par le fait que certaines mesures visant l'impôt sur le revenu ne toucheront que les revenus de 2011, taxés en 2012. La fin de l'avantage fiscal lié au mariage est notamment l'une d'entre elles. Ainsi, note le quotidien économique, "en 2012, les particuliers utilisant les niches verront donc leur impôt augmenter, et ceux qui se sont mariés en 2011 ne profiteront pas de la triple déclaration de revenus".
Frédéric Lavignette