Réforme des retraites : la fin de la retraite à 60 ans

La nouvelle est désormais confirmée par un membre éminent du gouvernement : c'est la fin de la re­traite à 60 ans. Dans un entretien accordé à Paris-Match, le ministre du Travail, Eric Woerth, explique en effet que la seule façon de réduire le déficit de la caisse de retraites consiste à "agir sur l'âge légal de départ".

Reste maintenant à avoir où sera placé le curseur, analyse Le Figaro (page 23) : "Porter l'âge légal de départ à la re­traite à 62 ou 63 ans semble l'hypo­thèse la plus probable." A priori, note le quotidien, ce report devrait entrer progressivement en vigueur dès 2011 et devrait être appliqué "génération par génération, c'est-à-dire qu'il ne concernera pas les personnes ayant déjà atteint 60 ans". Cette disposition sera associée à la poursuite de l'allongement de la durée de cotisation. Actuellement fixée à 40,5 ans, elle passera à 41 ans en 2012, 41,5 ans en 2020 et pourrait atteindre les 42 ans en 2020.

Avec ce nouveau schéma, prévient Libération (pages 2 et 3), les effets ne seront pas les mêmes pour tous. Ceux qui ont commencé à travailler tôt, "et qui sont précisément ceux dont l'espérance de vie est la plus courte", devraient être pénalisés. D'une part parce qu'ils risquent de cotiser "pour rien" après avoir engrangé le nombre de trimestres nécessaires pour partir. D'autre part, parce qu'ils profiteront moins longtemps de leur retraite. En d'autres termes, résume le journal, "les ouvriers paieront l'addition".

De fait, alors que les cadres peuvent espérer vivre encore 29,2 ans à l'âge de 55 ans, les ouvriers du même âge n'ont plus que 25,5 ans de vie devant eux. "Une différence de près de quatre ans en faveur des cadres, qui bénéficient en plus d'une meilleure santé une fois à la re­traite", observe Libération.

Pour les salariés qui ont longtemps exercé une activité usante, l'UMP propose toutefois "un départ anticipé ou un temps partiel bonifié", rapporte Le Monde (page 12). Ce dispositif devrait tenir compte de l'exposition à certains risques tels que le travail de nuit ou les postures pénibles.

Pour les "experts du gouvernement", note La Tribune, le recul de l'âge légal aura surtout un impact positif économique non négligeable : avec "la fin du butoir des 60 ans, on contribue à augmenter, de facto, l'emploi des seniors", lequel est "synonyme d'une augmentation de la croissance potentielle". Dernier effet, loin d'être négligeable : le recul de l'âge légal permet au régime de retraites des économies immédiates.

Le dossier médical personnel est en vue
Le dossier médical personnel (DMP) verra-t-il enfin le jour ? Si l'on en croit Le Figaro (page 22), l'expérimentation qui est actuellement menée en Picardie semble être un succès. Cette région fêtera aujourd'hui l'ouverture du 100.000e dossier santé Picardie (DSP), qui est "la préfiguration" locale de ce que sera le DMP sur l'ensemble du territoire.

Ce projet, destiné à renforcer la coordination des soins, a eu bien du mal à se concrétiser. Successivement, les ministres de la Santé Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand se sont heurtés à maintes difficultés pour assurer sa mise en ser­vice, initialement prévue pour juil­let 2007 ! Selon le dernier calendrier fixé, c'est en décembre 2010 que le DMP pourrait faire son apparition.

Comme l'explique Jeanne Bossi, la secrétaire générale de l'Asip, l'organisme en charge de ce dossier, "les dossiers médicaux régionaux en test vont devenir les premiers DMP". D'après Le Figaro, "l'Asip a beaucoup travaillé sur la connexion entre les différents systèmes d'information et a clarifié la question de l'identifiant national de santé". Ce numéro d'accès personnel et sécurisé sera finalement différent de celui de la Sécurité sociale, jugé insuffisament fiable par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).

Actuellement, rapporte le journal, 500.000 dossiers médicaux personnels ont été ouverts dans les régions en expérimentation. Et la Picardie semble être l'une des plus avancées, même si "actuellement, 350 médecins libéraux ont rejoint le système DSP sur un total de 2.600 médecins en Picardie".
Frédéric Lavignette