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Réforme des retraites : grève illimitée à partir du 12 octobre

Peu à peu, le ton se durcit et les préavis de grève reconductibles se multiplient. En effet, rapporte Libération (page 13), "au lendemain de la réunion sur le conflit contre la réforme des retraites, l'organisation de Bernard Thibault a décidé d'utiliser l'arme (pour l'instant psychologique) des préavis de grève illimitée".

Lundi, déjà, la CGT de la RATP avait déposé un préavis de grève illimité pour marquer son hostilité au texte actuellement débattu au Sénat. Hier, en se prononçant pour un arrêt de travail illimité à compter du 12 octobre, date de la prochaine mobilisation nationale, la CGT-cheminots a décidé à son tour de "mettre tout son poids dans la bataille contre la réforme des retraites", indique La Croix (page 5). Les autres syndicats représentatifs (Unsa, Sud-rail, CFDT) lui ont emboîté le pas.

"Dès la semaine prochaine, observe donc le quotidien, c'est l'ensemble des syndicats cheminots qui, sauf recul improbable du gouvernement, appelleront à une grève durable." Dans le sillage des transports, la CGT énergie a également annoncé le dépôt d'un préavis de grève illimitée à compter de mardi, "dans les 140 entreprises électriques et gazières (dont EDF et GDF Suez) de la filière", souligne Libération (page 13). "Des appels à des mouvements reconductibles ont aussi été lancés chez les marins, dans les ports et docks et à France Télévisions", poursuivent Les Echos (page 3).

Puisque "la CGT choisit l'épreuve de force", constate Le Figaro (pages 3 et 15), "la tragi-comédie continue donc". Toutefois, poursuit l'éditorialiste Paul-Henri du Limbert, si la paralysie du pays n'est pas garantie, "si la grève s'éteint d'elle-même, faute de combattants et faute de conviction, l'opinion publique comprendra que la retraite à 62 ans est bel et bien passée, et c'est bien l'essentiel".

Du côté de l'Elysée, remarque Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), "pas question de dramatiser" face aux annonces syndicales. S'il reste "attentif à l'évolution de la situation", l'exécutif continue d'afficher sa "fermeté et sa volonté de ne pas toucher au cœur de la réforme (le report de l'âge légal à la retraite à 62 ans et à 67 ans pour une retraite à taux plein)".

Néanmoins, conclut La Tribune (page 4), le risque d'une dérive du conflit est toujours possible. Si les cortèges du 12 octobre sont fournis et que "le gouvernement choisit une nouvelle fois le sur-place, Bernard Thibault aura alors bien du mal à maîtriser ses troupes les plus impatientes".

Vers une révision des niches fiscales des entreprises ?
Rattaché à la Cour des comptes, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) a remis hier à la commission des Finances de l'Assemblée un rapport sur les niches fiscales bénéficiant aux entreprises. Selon le CPO, une refonte du dispositif de ces niches permettrait à l'Etat de réaliser entre 15 et 29 milliards d'"économies budgétaires", rapportent Les Echos (page 4).

Pour cela, indique Le Figaro (page 20), "le CPO réintègre des avantages fiscaux que le ministère a sortis de la liste des niches (ou a omis d'y inscrire)". Par exemple, il suggère de revoir à la hausse la TVA dans la restauration (récemment réduite), ou encore de supprimer l'exemption d'impôt sur les heures supplémentaires.

Les niches applicables aux entreprises visant à accroître le pouvoir d'achat de leurs salariés sont aussi remises en cause, compte tenu de leur coût : 25 milliards d'euros. Pour réduire ce montant jugé "disproportionné", le Conseil suggère une révision de la "participation de l'employeur à la mutuelle de ses salariés". Les conditions d'éligibilité des contrats responsables, jusqu'alors exemptés de tout prélèvement social à l'exception de la CSG et de la CRDS, pourraient être resserrées, ajoutent Les Echos.
Frédéric Lavignette