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Réforme des retraites : derniers arbitrages

Départ à 62 ou 63 ans ? Durée de cotisation allongée ? Contribution des hauts revenus ? Les derniers ajustements de la réforme des retraites sont en cours : "Tout se joue cette semaine", an­nonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Demain soir, une dernière réunion de travail doit rassembler le président de la République, le chef du gouvernement et le ministre du Travail, rappellent Les Echos (page 4). C'est ce dernier qui devrait présenter mercredi l'avant-projet de loi.

"Il serait lâche de notre part de dire aux Français que leur retraite pourrait être assurée sans prolonger la durée d'activité et sans toucher à l'âge légal et au symbole des 60 ans", a déclaré François Fillon samedi, rapporte Le Journal du dimanche (page 2), qui résume ses propos par une formule : "La retraite à soixante ans c'est terminé !"
Selon le JDD, le débat fait rage entre l'aile "libérale" de la majorité, représentée par Matignon, et l'aile "sociale", appuyée par le conseiller du président Raymond Soubie et, à l'Assemblée, par Pierre Méhaignerie. Côté "libéraux", François Fillon et Jean-François Copé militeraient en faveur de la retraite à 63 ans, selon le JDD. "Autant aller le plus loin possible" et vite estiment-ils, à la fois pour le symbole et pour le déficit.

Au contraire, l'aile "sociale" conseille au président de ménager les Français, largement hostiles au report de l'âge légal, selon les sondages. La crainte d'une large mobilisation syndicale le 24 juin prochain et la répétition d'un scénario similaire aux grandes grèves de 1995 hantent les esprits. L'Elysée aurait été désagréablement surpris par le ton vindicatif de la CFDT, lors de son congrès, selon un dirigeant du syndicat, qui s'est confié au Figaro-économie (page 22). Le congrès du syndicat a adopté vendredi un "projet alternatif" pour la réforme des retraites, qui re­fuse toute remise en cause de l'âge légal à 60 ans, mais accepte, sous conditions, l'idée de l'allongement de la durée de cotisations, souligne Le Monde daté de samedi (page 14)

"La méthode n'est pas d'aller à l'affrontement avec les syndicats", a voulu rassurer le ministre du Budget, François Baroin, hier sur i-Télé, promettant une réforme "juste et équitable". De son côté, Force ouvrière ap­pelle, seule, demain à une journée de mobilisation contre la réforme. "Il va falloir mener la bagarre à la rentrée et demander le retrait pur et simple du texte pour défendre la re­traite à 60 ans", affirme son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui (page 4).

Déficit : Fillon demande un gros effort
"Rigueur : cette fois on y est", titre la "une" de La Tribune, qui annonce que la France devra faire un gros effort budgé­taire, en réduisant son déficit de 100 milliards d'euros d'ici à 2013, pour le ramener à 3% du PIB (contre 8% actuellement), comme l'a annoncé le Premier ministre. "Nous allons trouver [ces économies] pour moitié dans des réductions de dépenses et pour moitié dans des augmentations de recettes", a-t-il précisé (La Tribune, page 5). "Budget, retraites : Fillon prêt à assumer la rigueur", renchérit la "une" des Echos. Selon le quotidien économique (page 2), François Fillon s'engage à réduire de "45 milliards d'euros la dépense publique" et à économiser encore 5 milliards sur "la réduction des niches fiscales".

Autres sources d'économies, "l'application stricte de l'objectif des dépenses d'assurance maladie", le gel "pour la première fois de l'histoire" des dotations de l'Etat aux collectivités territoriales et "le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux", a ajouté le chef du gouvernement. La baisse des dépenses proviendra également de "la réduction du train de vie général de l'Etat à hauteur de 10%" et d'une baisse équivalente des crédits d'intervention, qui comprennent notamment les aides sociales. "L'effort français n'est pas moins important que celui de l'Allemagne", a fait valoir François Baroin, ministre du Budget, en rappelant que le plan allemand représente 80 milliards d'euros sur 4 ans et celui de la France 100 milliards sur 3 ans.
John Sutton