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Réforme des retraites : bras de fer

Les 200 manifestations prévues aujourd'hui auront-elles raison de la réforme des retraites ? Rien n'est moins sûr mais, constate Le Figaro (page 20), "le 24 juin pourrait marquer un tournant dans la séquence des manifestations syndicales qui se succèdent depuis le début de l'année".

A l'appel de six syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC), la mobilisation pourrait réunir beaucoup plus de manifestants que le 27 mai (1 million de personnes selon la CGT et 395.000 d'après la police). Comme le rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), tous fustigent "la réforme la plus violente en Europe", celle qui repousse l'âge de la retraite de 60 à 62 ans en 2018, celle qui déplace l'âge du taux plein de 65 à 67 ans et en fin celle qui porte de 40,5 ans à 41,5 ans la durée de cotisation.

Pour Les Echos (page 4), "c'est le premier gros test, depuis l'annonce de la ré­forme, pour le gouvernement, conscient que la mobilisation sera importante et qu'un temps de conflit est inévitable". Cependant, ajoute le quotidien économique, afin d'"atténuer les colères", l'exécutif a effectué certains gestes concernant la pénibilité, les poly-pensionnés et les carrières longues.

"Si les syndicats font le plein dans les cortèges", note à son tour La Tribune (pages 2 à 4), l'Etat "n'aura d'autre choix que d'envoyer de nouveaux signes d'apaisement, notamment à l'égard des fonctionnaires". Il faut dire que chez les agents de la Fonction publique, les sujets qui fâchent ne manquent pas, observe Le Parisien/Aujourd'hui : "hausse des cotisations, fin du dispositif de retraite anticipée accordé aux parents de trois enfants, durcissement des règles du minimum garanti (équivalent minimum vieillesse), sans parler du gel possible des salaires".

Quel que soit le nombre de manifestants, le gouvernement semble vouloir rester "inflexible" sur certains points. Par exemple, il n'envisage pas de revenir sur la durée de cotisation, sur l'alignement de la Fonction publique sur le privé, ni sur le nouvel âge de départ à la re­traite. Ce relèvement à 62 ans en 2018 "concernera tout le monde, salariés du privé comme du public, et s'appliquera avec cinq ans et demi de retard pour les agents des régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF...)", souligne le journal.

Même si l'été risque de "couper l'élan" de la mobilisation, notent Les Echos, l'intersyndicale ne désarmera pas pour autant. Elle doit se réunir le 29 juin pour préparer le "vrai round décisif" qui va inévitablement se jouer à l'automne.

Les mutuelles de fonctionnaires et la dépendance
Le groupe de travail sur la création d'une 5e branche de la Sécurité sociale consacrée à la dépendance devrait remettre ses conclusions fin juin. Toutefois, indiquent Les Echos (page 37), le gouvernement aurait décidé de ne labelliser "que des garanties viagères".

D'ores et déjà, les mutuelles de fonctionnaires "affûtent leurs armes pour pérenniser leurs couvertures en matière de dépendance", relève le quotidien économique. Comme le rappelle le président de la Mutualité Fonction publique (MFP), Alain Arnaud, "nous proposons depuis une quinzaine d'années une offre en inclusion dans la complémentaire santé, sans sélection médicale, et nous souhaitons que ce dispositif puisse être retenu parmi les solutions possibles".

Dans le détail, rapporte le quotidien, les mutuelles de fonctionnaires proposent à leurs 7 millions d'adhérents de bénéficier d'une rente mensuelle de 300 à 500 euros s'ils tombent en dépendance. "Seul bémol" à cette contrepartie de quelques dizaines d'euros par mois, notent Les Echos : cette cotisation relativement indolore ne donne aucun "droit à dépendance" sur le futur.

Comme le souligne Serge Brichet, président de la Mutuelle générale de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (Mgefi), "les mutuelles de fonctionnaires couvrent avec efficacité et à moindre coût 3 millions de personnes sur la base de contrats annualisés". En comparaison, les contrats viagers sont beaucoup plus onéreux et c'est certainement pour cette raison qu'ils "n'ont pas remporté un véritable succès", ajoute-t-il.

Aux yeux de Thierry Beaudet, président de la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN), les garanties viagères induise "une portabilité des droits, et donc l'individualisation des garanties". "Ce serait alors l'essence même de ce que nous sommes qui serait mis en cause", estime-t-il.
Frédéric Lavignette