Réforme de la dépendance : le recours à l’assurance privée obligatoire écarté par le Premier ministre

Une chose semble désormais sûre : l'assurance privée obligatoire est écartée de la réforme de la dépendance. Lors d'un déplacement à Marseille hier, le Premier ministre a en effet dé­claré que "cette formule ne sera pas retenue, car c'est à partir de notre socle de solidarité que nous allons progresser". Dès lors, constate Le Figaro (page 11), les budgets publics vont être mis à contribution.

L'idée d'un tel recours avait pourtant ses partisans, notent Les Echos (page 6). La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est par exemple prononcée en faveur de l'obligation, tout comme l'assureur Axa, alors même que la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) s'était opposée à cette voie.

François Fillon a également recalé l'idée d'une augmentation générale de la contribution sociale généralisée (CSG), poursuit le quotidien économique. Selon le chef du gouvernement, "les conséquences pèseraient trop lourdement sur l'emploi et l'activité". Pour autant, il n'a pas indiqué si d'autres solutions avaient été retenues. Au contraire, "toutes les autres pistes qui ont été évoquées restent sur la table", a-t-il assuré.

De son côté, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), saisi en janvier dernier par François Fillon, s'apprête à adopter aujourd'hui son avis sur la dépendance des personnes âgées. Comme le souligne L'Humanité (page 9), ce texte préconise deux pistes : "L'instauration d'une taxe de 1% sur l'ensemble des successions et l'alignement de la CSG des retraités imposables (actuellement à 6,6%) sur celle des actifs (7,5%)."

Ces deux mesures permettraient de dégager respectivement 1,5 et 1,7 milliard d'euros, estime le Cese. Tout en augmentant l'aide aux personnes les plus dépendantes, elles réduiraient en même temps le "reste à charge des familles" et favoriseraient "un système d'aides plus redistributif".

Ces initiatives recueillent non seulement "un large soutien au sein de la troisième assemblée de la République" mais aussi du côté des syndicats, à commencer par la CFDT, relèvent Les Echos. La CGT observe néanmoins qu'augmenter la CSG pour les retraités pose "un sérieux problème" puisque cela risque de "pénaliser des personnes qui touchent des pensions relativement faibles". Du côté de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), ces pistes de financement sont en revanche très bien perçues.

Enfin, l'un des groupes de travail ministériels chargés de réfléchir sur cette réforme termine aujourd'hui ses travaux, prévient Le Figaro. Selon le quotidien, le rapport du groupe de Bertrand Fragonard plaide pour un "taux très élevé de prise en charge publique pour les plus modestes, notamment en prenant mieux en compte les ressources des bénéficiaires dans le calcul de l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa)". Quant au projet de loi proprement dit, croit savoir La Tribune (page 5), il devrait être présenté en Conseil des ministres "autour de la Fête nationale", le 14 juillet.

Médecins : succession difficile
"Signal d'alarme" et "lueur d'espoir" sont les deux expressions qu'inspire à la presse le dernier atlas rendu public par le conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom).

Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), la profession de médecin semble en effet souffrir de pénurie et de vieillissement. Comme le rapporte ce quotidien, les 5.400 praticiens "entrants" n'ont pas compensé les 24.000 "sortants" du tableau. Pour ce qui est l'âge moyen de ces médecins, il ne cesse de grimper et atteint désormais 51,4 ans, constate le Cnom, qui publie également un chiffre révélateur du malaise de la profession : en 2010, plus de 900 médecins ont dévissé leur plaque avant l'heure, sans être remplacés.

La légère satisfaction de l'Ordre est qu'"un nombre significatif de jeunes médecins s'installe dans les zones rurales", indiquent Les Echos (page 6). Certes, admet le quotidien, "la ten­dance n'est pas spectaculaire", mais elle vient à l'encontre des idées reçues sur les réticences des jeunes médecins à s'installer en milieu rural. Un tiers des nouveaux médecins libéraux ont ainsi fait ce choix l'an passé. D'après Le Parisien/Aujour­d'hui, les incitations à l'installation et les structures pluridisciplinaires contribuent probablement beaucoup à cette tendance.
Frédéric Lavignette