Réforme de l’hôpital : priorité à la réorganisation

La démographie médicale sera l'un des sujets sensibles lors des débats parlementaires sur le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires", selon le rapporteur UMP, Jean-Marie Rolland, souligne Le Figaro (page 11). La réforme de la santé "est un sujet, qui, au fil des mois, est devenu extrêmement sensible et je pense qu'il y aura beaucoup de débats et d'amendements", a-t-il déclaré. "Normalement, si le calendrier parlementaire se débloque, l'examen du texte devrait commencer le mardi 10 février", a précisé le député de l'Yonne. "Il y a un noyau de parlementaires UMP et de membres de l'opposition qui souhaitent que l'on soit plus coercitif" envers les médecins, pour assurer leur meilleure répartition sur le territoire, a-t-il expliqué. Le rapporteur proposera un amendement sur la mise en place d'objectifs régionaux de dépenses d'assurance maladie (Ordam), qui seraient des déclinaisons locales de l'Ondam, voté chaque année par le Parlement.

"Attention danger ! Après avoir buté sur la réforme du lycée, le gouvernement pourrait bien se casser les dents sur celle de l'hôpital", met en garde Stéphane Dupont, journaliste des Echos (page 3), qui prévoit que le projet de loi HPST arrivera à l'Assemblée "dans un climat peu favorable". Les revendications du monde hospitalier sont partagées par 71% des Français, qui estiment que "pour être plus efficaces, les hôpitaux ont besoin de moyens financiers supplémentaires", selon le baromètre mensuel BVA-Les Echos-France Info. Ce résultat s'explique certainement par la série d'accidents médicaux, qui se sont succédés dans les hôpitaux durant la période des fêtes de fin d'année, et qui ont fortement marqué l'opinion publique. "Les Français sont convaincus que l'on peut faire mieux avec moins dans une foule de domaines, sauf dans l'éducation et à l'hôpital. C'est une donnée de fonds", commente Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA.

Pourtant, l'éditorialiste des Echos (page 18), Jean-Francis Pécresse, est convaincu qu'accroître les budgets ne soignerait pas l'hôpital public de ses blocages et n'éviterait pas une nécessaire réorganisation. Pour lui, contrairement à une idée reçue, le système ne souffre pas tant d'un manque de crédits que de leur mauvaise répartition. "Le monde hospitalier gagnerait en efficacité s'il acceptait d'échanger un peu des rigidités du public pour un peu de la souplesse du privé", écrit-il. Grâce aux conseils du cabinet MacKinsey, "le temps de passage aux urgences de Beaujon a été réduit d'un tiers, et celui d'attente pour hospitalisation, de moitié". "La principale mesure a consisté à mieux répartir le temps de présence en fonction des pics d'affluence", explique l'éditorialiste des Echos.

USA : reconstruire la protection sociale
L'investiture de Barack Obama fait la "une" de presque tous les quotidiens nationaux, qui publient à cette occasion de substantiels dossiers spéciaux. C'est le cas notamment du Monde, qui y consacre presque entièrement son supplément Economie. Le 44e président américain devra faire face à sept défis économiques et sociaux, parmi lesquels figure en bonne place la tâche de reconstruire une protection sociale.

Pour casser la spirale des coûts et renforcer la couverture santé de chaque salarié, Barack Obama propose d'investir dans "les nouvelles technologies, la prévention et la coordination", selon Le Monde-économie (page II). Une taxe spéciale sera créée au bénéfice des PME, qui pourront ainsi proposer une couverture santé à leurs salariés. Plus dubitatif, L'Humanité (page 6) rappelle que, dans un entretien accordé à Time magazine, Barack Obama était conscient que les Américains le jugeront sur "les progrès significatifs accomplis pour réduire les coûts de l'assurance maladie et l'extension de la couverture santé". Et d'ajouter que la réforme structurelle de l'assurance maladie "figure parmi ses trois grandes priorités". 45 millions d'Américains sont sans couverture médicale.

John Sutton