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Réduction des déficits : équilibre possible à l’horizon 2017

Après l'Assemblée hier, le Premier ministre prononcera aujourd'hui au Sénat son discours de politique générale. Devant les députés, Jean-Marc Ayrault a présenté pendant une heure et demie l'axe politique de son gouvernement, remportant la confiance de l'hémicycle par 302 voix sur 527.

Sur le fond, observent Les Echos (pages 2 à 4), il n'y a pas eu d'annonces nouvelles. "Il n'en a fait aucune, si ce n'est une loi-cadre pour une agriculture diversifiée, durable et performante". Pour le reste, le chef du gouvernement a égrené "la plupart des propositions de campagne de François Hollande, rassemblées autour de quelques priorités : la jeunesse, la lutte contre le décrochage de l'industrie française, la lutte contre la vie chère, la bataille de l'emploi et le rétablissement des comptes publics".

Pour cette année, le Premier ministre a, par exemple, "repris l'engagement de François Hollande de réduire le déficit à 4,5% du PIB", en vue d'un équilibre possible en 2017, souligne La Croix (pages 2 à 3). Pour y parvenir, des augmentations d'impôts sont au programme du collectif budgé­taire pour 2012 présenté aujourd'hui en Conseil des ministres. Ainsi, pour cette année, "7 milliards de hausses d'impôts" sont attendus, titre Le Figaro (page 4).

Dans son discours, rapporte le journal, Jean-Marc Ayrault a répété que "la maîtrise des dépenses est indispensable" mais qu'"elle ne sera pas suffisante", d'où la mobilisation de nouvelles recettes fiscales. "Ceux qui jusqu'ici ont été exonérés de l'effort collectif" seront les premiers sollicités, a-t-il prévenu. A savoir, décrypte Le Parisien/Aujourd'hui (pages 4 et 5), "les très hauts revenus et les grands groupes".

Faute de pouvoir relever en cours d'année le barème de l'impôt sur la fortune (ISF), le gouvernement compte mettre en place une "contribution exceptionnelle sur la fortune". Recette attendue : 2 milliards d'euros. En matière d'impôt, les classes populaires et les classes moyennes seront épargnées, indique Libération (page 2 à 5). Quant à la TVA dite sociale, elle sera tout simplement abrogée.

Côté entreprises, c'est la même logique. "Les plus grandes, qui paient proportionnellement moins d'impôts que les autres, seront mises à contribution, notamment dans les secteurs bancaires et pétroliers, tandis que les PME vont bénéficier de dispositifs fiscaux avantageux", poursuit Libération. Concernant les stock-options et les actions gratuites, leur taxation va être durcie.

Afin de récolter 550 millions d'euros cette année et 2,2 milliards en 2013, le gouvernement compte également relever de 8 à 20% le forfait social, c'est-à-dire l'épargne salariale. Rappelons que la loi de financement de la Sécurité so­ciale pour 2012 a intégré dans l'assiette du forfait social les contributions patronales finançant des prestations de prévoyance complémentaire.

"Ces recettes supplémentaires iront combler une partie du déficit de la Sécurité sociale, qui devrait avoisiner les 15 milliards d'euros en 2012", notent Les Echos. Selon Le Figaro, les socialistes voient "d'un mauvais œil" cette épargne salariale qu'ils considèrent "comme de la rémunération déguisée".

Le discours du Premier ministre a confirmé "les promesses les plus emblématiques" du candidat Hollande, écrit l'éditorialiste de L'Humanité (page 2). Toutefois, "sur les dossiers sociaux les plus lourds, Jean-Marc Ayrault est resté dans les clous trop serrés du rigorisme de la chasse aux déficits". Par exemple, il n'a pas précisé si les 60.000 postes supplémentaires annoncés dans l'Education nationale se feraient au détriment des effectifs dans la santé, s'interroge Jean-Paul Piérot.

Près de 30% d'actes médicaux superflus
Selon un sondage réalisé par la Fédération hospitalière de France (FHF) auprès de 800 médecins, seuls 72% des actes médicaux sont "pleinement justifiés". Ce sentiment, explique Le Figaro (page 22), varie peu selon qu'il émane d'un médecin hospitalier, d'un spécia­liste libéral ou d'un généraliste.

"Mieux, ajoute le quotidien, chacun reconnaît des actes non pertinents dans sa propre discipline – les généralistes ne renvoient donc pas la faute sur les spécialistes, les médecins de ville sur les hospitaliers, etc." D'après cette étude, deux raisons expliquent ces actes inutiles : la première est due à "la pression des patients" ; la seconde est "la peur des poursuites devant les tribunaux".

Pour 39% des personnes interrogées, la formation des médecins est en cause, précédant l'absence de référentiels partagés par les professionnels (37%). Enfin, 27% des médecins estiment que l'absence de contrôle des pratiques est en cause.

Pour la FHF, il est possible de "changer les habitudes" grâce à des campagnes de communication du type : "Les antibiotiques c'est pas automatique." Ce­pen­dant, note Le Figaro, elle reproche à l'assurance maladie, "qui dispose des informations sur le nombre d'actes, médecin par médecin, de les garder pour elle afin d'éviter une fronde des médecins libéraux".
Frédéric Lavignette