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Rapport de Médecins du monde : la France connait un krach sanitaire

A son tour, la France connaît un krach sanitaire. C’est le triste constat qui se dégage du "rapport sur l’accès aux soins des plus démunis en 2010" que doit rendre public aujourd’hui l’association Médecins du monde (MDM).
Dans ce document, cette ONG s’alarme de la "tiers-mondisation" d’une partie de la population, rapporte Libération (page 15) : "Depuis quelques années, on avait le sentiment d’une précarisation sanitaire de plus en plus forte des plus pauvres, désormais MDM évoque un basculement."

Sur la base des 38.000 consultations qu’elle a réalisées en 2010, l’association a, en effet, constaté que près d’un patient sur quatre se décide à aller chez le médecin "trop tardivement". Près de 30% de ces patients sont d’ailleurs mineurs, observe encore MDM, et seulement un tiers des enfants de moins de 6 ans qui sont reçus pour la première fois sont à jour de leurs vaccinations. Quant au logement, seuls 23% des patients en possèdent un stable.

Sur le plan épidémiologique, Médecins de monde constate un retour des épidémies de la misère. Les cas de rougeole sont en pleine explosion, "en particulier dans les groupes les plus précaires", et dans certains quartiers, les cas de tuberculose s’accumulent. "Comme lorsqu’on est en mission en Haïti ou ailleurs", dé­plore le Dr Jean-François Cory, directeur de la mission France de MDM, "on a dû se lancer dans des opérations de vaccination massive".

La situation des femmes enceintes qui consultent l’ONG est également problématique : 8% d’entre elles vivent dans la rue. Comme l’indique La Croix (page 8), elles arrivent très tardivement dans le système de soins. Nombre d’entre elles consultent seulement au 9e mois de grossesse, ce qui expose ces mères et leurs enfants à certains risques d’accouchements prématurés, à des naissances d’enfants de petite taille ou dénutris, voire aux décès.

La crise économique n’explique pas totalement cette détresse médicale, remarque MDM. Il faut aussi mettre en cause "l’action nuisible des pouvoirs publics". Par exemple, pour bénéficier de l’aide médicale d’Etat (AME), il faut obligatoirement débourser 30 euros. Par ailleurs, les pouvoirs publics se placent volontiers en obstacle aux soins, ajoute l’ONG : "A Mayotte mais aussi à Calais, à Dunkerque, la police nous empêche d’agir. Elle fait procéder à des arrestations près de nos lieux de consultation. A Marseille, à Saint-Denis, des campagnes de vaccinations ont été interrompues."

Arrêt maladie : une réforme contestée
Le projet de décret modifiant le calcul des indemnités journalières (IJ) en cas d’arrêt de travail est fortement critiqué par les syndicats et le patronat. Comme le rapportent Les Echos (page 5), toutes les organisations syndicales, les associations d’usagers du système de santé (CISS, Fnath, Unaf) ont en effet voté mardi contre ce projet tandis que les trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) se sont abstenues.

Actuellement, rappelle le quotidien économique, ces indemnités journalières s’élèvent à 50% du salaire brut. Le décret envisage qu’elles soient établies à 60% du salaire net. "Sans incidence ou presque sur les accidents du travail et les congés maternité, ce changement représente (…) une baisse de revenu de 5,8% pour les salariés pendant un arrêt maladie", indiquent Les Echos.

Les salariés ne seront toutefois pas les seuls pénalisés. En effet, beaucoup d’employeurs garantissent le maintien du salaire en versant une indemnité complémentaire à leurs salariés. Dès lors, les entreprises seront amenées à revoir les contrats de prévoyance auxquels elles ont souscrit pour couvrir ce risque, poursuit le quotidien.

Pour la Sécurité sociale, le gain pourrait être de 220 millions d’euros l’an prochain. Si, bien sûr, cette mesure n’est pas supprimée, comme tenteront de le faire plusieurs parlementaires de gauche et de la majorité lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale qui débute le 25 octobre à l’Assemblée.
Frédéric Lavignette