Prothèses PIP : le certificateur devant la justice

En attendant le procès au pénal, le 17 avril à Marseille, des principaux responsables du scandale des prothèses mammaires PIP, la justice va se pencher ce matin sur le cas de l'organisme qui a autorisé leur certification.

Cette étape judiciaire au tribunal de commerce de Toulon intervient "après la confirmation de la validité des polices d'assurances d'Allianz l'été dernier", rappellent Les Echos (page 18), A compter d'aujourd'hui, il s'agira de déterminer la nature de la responsabilité de la société allemande TUV Rheinland, le certificateur de ces prothèses en silicone défectueuses. A-t-elle péché par laxisme ou délibérément ?

Parmi les plaignants en partie civile, outre six distributeurs étrangers de l'entreprise varoise PIP qui lui réclament 28 millions d'euros de dommages et intérêts, figurent 1.500 femmes opérées (sur les 300.000 victimes), dont une cinquantaine de Françaises. Suite à la rupture de leurs prothèses, celles-ci exigent de leur côté 20 millions d'euros de réparation pour le préjudice subi.

A priori, ce procès ne devrait pas nuire à l'entreprise de certification, estime le quotidien. Il y a quelques jours en effet, un tribunal de grande instance allemand "a dégagé sa responsabilité dans l'af­faire". Quelques reproches lui ont toutefois été adressés, par exemple de "n'avoir ni réalisé de contrôles inopinés de l'usine de La Seyne-sur-Mer", ni "testé les produits dans le cadre de ses missions d'audit entre 1997 et 2010".

Des visites surprises dans l'entreprise PIP auraient certes permis de démasquer la fraude, mais "le juge allemand a estimé que TUV Rheinland n'avait failli à aucune de ses obligations". D'après l'avocat de la société de certification, son client est même "une victime" du système mis en place par plusieurs cadres dirigeants de PIP, dont son fondateur, Jean-Claude Mas.

Il faut dire que les témoignages recueillis par la justice sur les pratiques de la société varoise sont "édifiants", remarquent Les Echos. "Le service informatique falsifiait les chiffres de taux de rupture, les bordereaux de commande de gel industriel étaient supprimés lors des visites de contrôle, les fûts de produits non conformes étaient dissimulés dans un transformateur EDF sur le parking", énumère le quotidien… D'après un salarié, tout avait mis en œuvre pour éviter la découverte du trafic et la perte des normes européennes…

Lepaon, le nouveau visage de la CGT
Après quatorze ans à la tête de la CGT, Bernard Thibault passe la main aujourd'hui à son successeur. Au terme du 50e congrès du syndicat, qui se déroule à Toulouse, le nouveau secrétaire général de la centrale de Montreuil s'appellera donc Thierry Lepaon.

"Depuis le début du congrès, écrit L'Humanité (page 8), cet ancien ouvrier soudeur s'installe dans la fonction sans timidité." En toute discrétion, explique Le Figaro (page 20), il a évolué au sein du syndicat, mais à la différence de Bernard Thibault, il n'a pas connu de tremplin médiatique d'envergure. "Son heure de gloire, le successeur du ”Sphinx” l'a connue en 2001 lors du dépôt de bilan de Moulinex, dont il était délégué syndical. Les militants de base le connaissent donc très peu."

Même si son tempérament diffère de celui de son prédécesseur, ajoute L'Hu­manité, "les deux hommes affichent une conception similaire de la CGT". Le nouvel élu estime en effet qu'il s'inscrit dans la "continuité". Pour autant, beaucoup de congressistes se disent un peu dans le flou quant à l'avenir, écrit Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 6), et ce "malgré cinq jours de débats".

Certains voient en Thierry Lepaon un "bras armé du Front de gauche", position dont il se défend, en dépit d'un discours aux "accents mélenchonistes", début avril, appelant "à combattre l'accord sur la sécurisation de l'emploi lors d'une journée de mobilisation", rappelle le quotidien. D'autres militants convoquent d'autres références, note Le Figaro. Au sujet de son discours d'introduction au congrès, l'un deux confie par exemple qu'il lui "a rappelé ceux de Georges Marchais". "Un autre compare même carrément son nouveau patron à Kim Jong-il, l'ex-dictateur de Corée du Nord, connu pour ses discours fleuves". Toutefois, observe le journal, "malgré ces critiques, les cégétistes restent bienveillants à l'égard du successeur de Bernard Thibault".

Frédéric Lavignette