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Procès AZF : totalement responsable ?

"Pas d'impunité pour les crimes industriels, Total responsable", proclame la banderole du collectif "Plus jamais ça" devant le tribunal correctionnel de Toulouse, observe le correspondant des Echos (page 2). Après trois mois et demi de débats, c'était au tour hier de Thierry Desmarest, ancien PDG du groupe Total, d'être entendu dans le procès sur l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 31 morts le 21 septembre 2001. Le président du tribunal a signifié à Thierry Desmarest qu'il comparaissait en qualité de prévenu pour homicides, blessures et dégradations involontaires, et pour "violation délibérée de l'obligation de sécurité" (Les Echos). "Dans mes fonctions de PDG de Total, s'est-il défendu, je n'étais pas chargé de gérer chacune des filiales. Je ne vois pas très bien le fondement de cette qualification."

L'usine AZF ? "Je n'y étais jamais allé, je n'ai eu aucune décision à prendre concernant Grande Paroisse depuis le rachat d'Elf jusqu'à l'explosion d'AZF, a précisé l'ancien PDG. On m'aurait demandé la localisation des deux ou trois usines de Grande Paroisse, j'en aurais été incapable." Thierry Desmarest ne croit pas à la thèse des experts judiciaires d'un accident chimique provoqué par le mélange de chlore et de nitrate.

Les analyses divergent sur les causes probables de la catastrophe. Quelles conclusions en tirent les parties civiles ? "L'intérêt de ce procès, c'est d'avoir dissipé les doutes sur les pistes annexes, notamment l'attentat, et d'avoir révélé un ensemble d'indices convergents", estime Frédéric Arrou, président de l'Association des victimes du 21 septembre dans La Croix (page 9). Gérard Ratier, président de l'Association des familles endeuillées, et qui a perdu son fils dans l'explosion, dresse lui aussi un bilan positif : "Je suis apaisé car les débats ont fini par dévoiler le processus qui mène à l'accident chimique. Si la preuve absolue manque, c'est que les cartes furent brouillées d'entrée, notamment par la commission d'enquête interne de Total."

Plus sévère, Pascal Tailleux (CGT Chimie), estime, dans L'Humanité (page 8), que "la politique de Total n'a pas changé depuis la catastrophe". "Le groupe continue de supprimer des emplois. On a peur que ce procès ne serve pas. A quand la prochaine catastrophe ?", interroge ce salarié de l'usine Total de Grand-Quevilly (Seine-Maritime). Le procès AZF doit s'achever le 30 juin. Le délibéré sera rendu en novembre prochain.

La fin des préretraites
Le durcissement des conditions de départ anticipé pour les salariés qui ont commencé à travailler très jeunes a des effets spectaculaires, souligne le quotidien Les Echos (page 1). Seules 35.000 personnes devraient bénéficier du dispositif cette année, soit presque quatre fois moins qu'en 2008. "Nous savions qu'il y aurait un recul, mais pas aussi rapide. Les comportements des assurés sont toujours difficiles à prévoir", constate Danièle Karniewicz, présidente (CGC) de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav) dans le quotidien économique (page 4). Le gouvernement tablait sur 68.000 départs anticipés. Cet effondrement s'explique par le renforcement des contrôles pour la validation des trimestres anciens et l'allongement de la durée de cotisation requise. Ce phénomène entraîne une économie de 100 millions d'euros pour la branche vieillesse de la Sécurité sociale, qui viennent s'ajouter aux 720 millions économisés par la faible revalorisation (+1%) des pensions de retraite du secteur privé. "Dans un océan de chiffres catastrophiques, c'est une toute petite bonne nouvelle pour les comptes de la Sécurité sociale", commente Vincent Collen, des Echos (page 4).

John Sutton