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Pleins pouvoirs pour la gauche

Avec le second tour des législatives, l'Assemblée nationale s'est recomposée en faveur de la gauche. Sur les 577 sièges de l'hémicycle, 314 sont en effet attribués au Parti socialiste et à ses proches alliés (Parti radical de gauche et Mouvement républicain et citoyen). Le score des 289 sièges nécessaires pour atteindre la majorité absolue est par conséquent dépassé. Ainsi, titre Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 11), "le Parti socialiste est assuré de contrôler tous les leviers de l'Etat pour cinq ans".

Outre le Sénat, l'Elysée et maintenant l'Assemblée, écrit le quotidien, "le Parti socialiste et la gauche dans son en­semble" détiennent également toutes les régions de métropole (sauf l'Alsace), la majorité des départements et la quasi-totalité des grandes villes de France. En d'autres termes, titre en "une" Libération, c'est "la gauche royale".

Toutes les candidatures socialistes n'ont pas été pour autant couronnées de succès. Ségolène Royal justement a été battue à La Rochelle par Olivier Falorni, un dissident du PS. Le score est "cruel", écrit Libération (pages 2 à 19) : 37,03% contre 62,97%. De son côté, candidat à Saint-Dié dans les Vosges, Jack Lang a également été battu avec 49,12% des suffrages.

En revanche, tous les ministres du gouvernement ont "enregistré des résultats favorables" et ont été élus, relèvent Les Echos (pages 2 à 7). Celui de l'Economie, Pierre Moscovici, a par exemple été réélu dans le Doubs avec 49,32% des voix alors qu'en Indre-et-Loire, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a remporté son siège avec 60,21% des voix. A priori, résume donc Le Figaro (pages 2 à 17), on s'oriente "vers un remaniement a minima".

"Dans l'entourage du chef de l'Etat, on laisse la porte ouverte à l'entrée de communistes au sein du gouvernement. Mais ceux-ci semblent en rejeter l'éventualité", écrit le quotidien, malgré les 10 sièges gagnés par le Front de gauche. S'ils refusent d'intégrer la majorité "pour garder leur liberté de parole, un ancien du parti pourrait faire son entrée : Robert Hue". Reste aussi à satisfaire les alliés directs du PS, à savoir les partisans du MRC de Jean-Pierre Chevènement, dont quelques-uns viennent d'être élus.

Pour ce qui est d'un élargissement du gouvernement aux centristes du Modem, ajoute Le Figaro, il y a peu de chance qu'il se produise. Sévèrement battu dans les Pyrénées-Atlantiques avec 30,17% des voix, son président, François Bayrou, semble sur la touche. Pour autant, il "n'entend pas se retirer de la vie politique". Maigre consolation pour son mouvement, il sera représenté par deux sièges à l'Assemblée nationale.

Du côté de la droite, relève L'Humanité (pages 2 à 10), la majorité sortante "enregistre sa plus lourde défaite depuis 1981". Avec 229 sièges, l'UMP et ses alliés essuient un "sérieux revers qui confirme la sanction du quinquennat de Nicolas Sarkozy". Seuls quelques candidats "ont sauvé les meubles", constate Le Parisien/Aujourd'hui. Parmi les quelques "bons élèves" figurent Valérie Pécresse (avec 58,67% dans les Yvelines), François Baroin (56,45% dans l'Aube), Xavier Bertrand (50,25% dans l'Aisne) ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet avec 51,48% dans l'Essonne).

Les électeurs ont sanctionné "les candidats qui ont trop flirté avec l'extrême droite", explique Libération. En Meurthe-et-Moselle, Nadine Morano a par exemple été battue avec 44,33% des voix. A croire que "ses appels répétés aux électeurs du FN et son interview au journal d'extrême droite “Minute“ n'auront pas suffi", souligne Le Parisien/Aujourd'hui. Quand bien même, les idées du FN seront directement représentées au Palais-Bourbon : le parti de Marine Le Pen, elle-même battue de justesse à Hénin-Beaumont, a remporté deux sièges à l'Assemblée, ce qui n'était pas arrivé depuis 25 ans.

Dès ce matin, comme le veut la tradition, la majorité a présenté au chef de l'Etat la démission du gouvernement. Dès lors, François Hollande peut "passer à la deuxième phase de son action, celle des questions concrètes", prévient Le Figaro. Parmi les "dix casse-tête" auxquels va être confronté le PS, Les Echos distinguent notamment la revalorisation du Smic ou bien encore le plafonnement des dépassements d'honoraires des médecins.
Frédéric Lavignette