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Plan Fillon 2 : un plan de rigueur inspiré par la commission Attali

Où le gouvernement est-il allé puiser les mesures de son nouveau plan de rigueur ? Tout simplement dans le second rapport de Jacques Attali, affirme La Tribune (page 10). Ce document, publié en octobre 2010, a été rédigé par la commission présidée par l’ancien conseiller spécial de François Mitterrand.

Chargée alors de "plancher sur le meilleur moyen de retrouver la crois­sance", rappelle le quotidien, cette commission avait envisagé une série de mesures pour réduire les déficits du pays de 75 milliards d’euros sur trois ans. A l’époque, l’hypothèse de croissance tablait sur 2% par an.

Un an plus tard, le second plan Fillon s’inspire de ces mesures alors que le contexte économique a plutôt mal évolué. Aussi, estime Jacques Attali dans un entretien, ce second plan "ne suffira pas" car il "porte à 18 milliards l’effort cumulé sur 2012", ce qui est "à l’évidence insuffisant, car il ne nous permet pas de rattraper le retard accumulé dans l’effort d’ajustement".

Si Jacques Attali réserve un accueil plutôt froid à ce plan, qu’il estime être "un nouveau saupoudrage de petites mesures qui cherchent à mécontenter le moins d’électeurs possibles dans une optique électorale évidente", il n’en est visiblement pas de même pour les Français. En effet, selon le baromètre réalisé pour Les Echos (page 6), nos concitoyens acceptent "plutôt bien le plan de rigueur dévoilé lundi par François Fillon".

Ainsi, une "large majorité" de personnes approuve, par exemple, la surtaxe exceptionnelle de 5% de l’impôt sur les sociétés de grands groupes (89% y sont favorables), la poursuite de la réduction des niches fiscales (75%) ou encore la baisse du salaire du chef de l’Etat et des ministres (82%).

Ils sont, en revanche, un peu moins favorables à l’avancement à 2017 du report à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite et à la limitation à 1% de la hausse des allocations familiales et des aides au logement : dans les deux cas, 49% sont pour, et 48% contre.

Si le gouvernement continue de s’inspirer du second rapport Attali, les Français seront-ils aussi enthousiastes ? Comme le note La Tribune, le gouvernement a écarté pour le moment de ses choix certaines mesures "plus délicates, politiquement, à mettre en oeuvre".

Par exemple, il "n’a pas osé aller aussi loin que la commission Attali, en plaçant […] sous condition de ressources les prestations familiales, ou en restreignant la prise en charge à 100% dont bénéficient les malades en affection de longue durée (ALD)". De même, il n’a pas appliqué cette idée de dérembourser intégralement les médicaments au service médical rendu (SMR) faible. Mais, ajoute le quotidien économique, "à mesure que la crise avance, il faut sans doute s’attendre à les voir ressortir des cartons".

Des risques médicaux coûteux
Selon le nouveau rapport publié hier par la Sham, le nombre de réclamations en matière de risque médical est reparti à la hausse l’an dernier. Le document du premier assureur des établissements et des professionnels de santé révèle, en effet, que 12.207 réclamations ont été déposées en 2010, contre 11.800 en 2009.

Les réclamations pour préjudice matériel, rapportent Les Echos (page 31), sont peut-être en baisse de 1%, mais ils représentent toujours la majorité des dossiers. Ils correspondent à 1% des coûts, soit 2,4 millions d’euros. En fait, ajoute le quotidien, l’augmentation des réclamations est "à mettre au compte des dossiers pour préjudice corporel" : + 10% sur l’année, avec 5 242 dossiers. La majorité de ces préjudices (90%) concernent des causes médicales : 67% d’entre eux font suite à des actes de chirurgie et 13% concernent les services d’urgence. Pour ce qui est du coût de ces sinistres, ils sont en augmentation de 6% et atteignent 199,6 millions d’euros.
Frédéric Lavignette