Optique : fin d’une polémique ?

En évoquant une "polémique ridicule", la ministre de la Santé a démenti hier avoir évoqué, dimanche sur RTL, un éventuel déremboursement des frais d’optique. "Où les commentateurs ont-ils trouvé cela ?", s’est étonnée Roselyne Bachelot, rapporte Le Figaro (page 3). "Je me suis procuré le script et je n’ai pas trouvé trace" d’une telle affirmation a-t-elle signalé.

Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, rapporte La Tribune (page 25), la ministre a en effet "assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient “mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique”".

Dans le même élan, elle a reconnu que le secteur optique était "tout à fait majoritairement pris en charge" par les organismes complémentaires et "de façon très très marginale par l’assurance maladie". Ce que confirme évidemment le président de la Mutualité française dans Le Monde (page 10) : "La ministre a évoqué l’optique qui représente une somme minime au regard des dépenses globales et du déficit de l’assurance maladie, à peine 200 millions sur les 7 milliards de déficit."

Si ce transfert devait avoir lieu, poursuit Jean-Pierre Davant, "les cotisations des mutuelles n’augmenteraient pas. Mais si on ajoutait le dentaire, la somme passerait pour les mutuelles à deux milliards et cela signifierait une augmentation potentielle de 9% de cotisation".

Prochainement, des négociations sur une réforme du système de santé devraient s’ouvrir avec les complémentaires santé. Elles viseront à "renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes", estime désormais la ministre de la Santé. A ce titre, rappelle dans Le Monde Jean-Pierre Davant, "Nicolas Sarkozy s’était engagé à augmenter jusqu’à 50% la prise en charge des soins dentaires et d’optique".

L’annonce d’un éventuel abandon de la prise en charge des frais d’optique par la Sécurité sociale a provoqué de vives réactions défavorables jusque dans les rangs de la majorité, notent Les Echos (page 16). "On est les champions du monde pour apporter des solutions à des problèmes qui ne se posent pas", a ainsi déclaré le secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian. Le chef de file des députés UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, a réclamé lui de la "pédagogie et de la méthode", souligne Le Figaro. De son côté, le représentant des députés du Nouveau Centre, François Sauvadet, a demandé qu’on mette un terme à "toutes ces annonces intempestives qui polluent le débat".

La France face à l’envolée des prix
Selon les données publiées hier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec une hausse de 0,8% en mars, l’inflation est "au plus haut depuis 1987". "Sous l’effet de la flambée du prix du pétrole et des produits alimentaires", l’augmentation s’élève à +3,2% sur l’année, souligne Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3). "En plein débat sur le pouvoir d’achat, cette soudaine remontée des prix ne pouvait […] pas plus mal tomber", note le quotidien.

Selon la chef adjointe du département des prix de l’Insee, Géraldine Seroussi, interrogée dans Libération (page 16), "on observe une accumulation de hausses inhabituelles dans les produits manufacturés". Les prix de l’habillement ont fortement augmenté (+6,7%) mais ceux de l’alimentation ont été plutôt modérés (+0,4%).

En conséquence, indiquent Les Echos (page 4), le ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi ainsi que le ministère du Travail et des Relations sociales ont annoncé une revalorisation du Smic. Alors que sa revalorisation légale devait intervenir en fin d’année, le salaire minimum sera augmenté de +2,3% dès le 1er mai prochain.

Ainsi, pour 35 heures de travail hebdomadaires, le Smic passera de 1.289,07 euros bruts mensuels à 1.309,51 euros. Selon Libération, cette augmentation n’est pas le fait d’une décision politique mais relève d’un "mécanisme de crise : à inflation sévère, hausse automatique du Smic". Cette variable inscrite dans le Code du travail n’empêchera toutefois pas le Smic d’être "de nouveau relevé le 1er juillet, en fonction de la hausse des prix constatée en avril et mai", précisent Les Echos.

Frédéric Lavignette